Vous avez fait 27,1% au premier tour dans une circonscription dans laquelle vous êtes député sortant. C'est un score décevant, non ?
En 1997, j'avais fait 30% et j'ai gagné au second tour !* Le score en tant que tel ne m'inquiète pas. Compte-tenu du contexte dans lequel je me suis présenté avoir un score de cette nature est un indice de satisfaction. D'autant plus que ceux qui ont mené le combat juste pour battre ont obtenu des scores très modestes. Si vous additionnez toutes les voix de droite, j'arrive à un score comparable à celui du candidat socialiste. Je suis dans un état d'esprit apaisé.
Les candidats de droite ont tous mené campagne contre vous...
Ils ont tous également réalisé des scores très modestes. Ils ont mené combat juste pour me battre. Moi je situe le débat sur le seul terrain de la politique. C'est ça l'enjeu pour l'instant.
Le problème, c'est que ces candidats n'ont pas appelé à voter pour vous !
Vous savez, je suis dans une logique semblable à celle de toutes mes campagnes : je ne demande rien à personne, je m'adresse à tous les électeurs. Je leur dit "vous connaissez mes idées, mon bilan, vous me connaissez personnellement. Je ne ferai pas la danse du ventre pour essayer de récupérer des voix d'extrême droite. Je pense qu'il faut moins de dépense publique et moins d'impôts. Si vous le pensez aussi c'est pour moi qu'il faut voter."
Marine Le Pen vous a mis sur une "liste noire". Etre le candidat à abattre pour l'extrême droite, ça ne risque pas de vous faire perdre encore plus de voix ?
Marine Le Pen est venue sur le marché de Draveil pendant la campagne, elle a été assez mal reçue par la population locale. Elle utilise des méthodes qui datent de l'entre-deux guerre. Tout ça ne m'affecte pas. Nous savons parfaitement quel est l'objet de la fatwa qu'elle a lancé contre moi. Et ça n'a rien à voir avec la politique. C'est parce que je suis en contentieux ouvert avec la famille de Mme Le Pen sur des affaires immobilières. Et, contrairement à Madame Le Pen, je suis en possession de tous les éléments du dossier.
Beaucoup disent que votre mauvais score est aussi à mettre sur le dos "des affaires" dans lesquelles vous êtes impliqué. Vous êtes accusé de viol par deux anciennes collaboratrices.
Je ne répondrai pas là-dessus, ça n'a aucun rapport avec la politique. Ce qui a été dit a donné lieu à une instruction. Ce sont les juges qui vont trancher. Moi j'ai eu l'occasion de dire à mes électeurs ce qu'il en était. Et un jour, quand l'instruction sera terminée, je pourrai pleinement m'exprimer.
Ces affaires, les électeurs vous en parlent pendant la campagne?
Non, au contraire. J'ai reçu beaucoup de messages de soutien. Des gens qui me disaient de tenir bon "quoi qu'il en soit".
Vous imaginez pouvoir perdre dimanche ?
J'imagine toutes les situations depuis que je fais de la politique. Mais soyez assurés que, quel que soit le résultat de l'élection, je rendrai coup pour coup.
Vous faites de la politique depuis longtemps. Mais avez-vous avez déjà vécu une campagne à ce degré de violence ?
Jamais. Mais je n'ai jamais été aussi fort pour l'affronter. Tout ce qui se passe autour de moi m'a laissé profondément indifférent. J'adore les campagnes. Et si je me présente devant les électeurs, c'est parce que je sais que je suis innocent et que, malgré les épreuves, mes convictions sont restées intactes. Je n'ai aucun état d'âme. Je suis en acier blindé. Si javais été fragilisé, je me serais effondré depuis belle lurette.
Jean-François Copé se déplace ce soir pour vous soutenir. C'est un signe fort de soutien de la part de l'UMP ?
La visite était prévue depuis le mois de février. Jean-François est un ami, un homme remarquable, qui me soutient depuis le premier jour. Il a fait un travail formidable à la tête du mouvement.
Après tout ce qui s'est passé depuis un an, vous n'êtes donc pas isolé politiquement ?
J'ai reçu de nombreux messages de soutien de la part de tout le parti. Beaucoup de politiques sont passés. J'ai aussi eu une entrevue avec Nicolas Sarkozy. L'isolement, je ne sais pas ce que ça veut dire. Ce sont les autres qui sont isolés intellectuellement. Aujourd'hui j'ai deux combats à mener : un combat pour la politique et un combat pour mon honneur. Le combat politique est pour le moment le seul qui vaille. Celui pour mon honneur ne sera pas terminé le 17 juin. Et vous verrez. Tous ceux qui ont voulu contribuer à mon affaiblissement seront face à moi quel que soit le résultat des élections.
* En 1997, Georges Tron avait obtenu 30,17% des voix au premier tour. Au deuxième tour, il est sorti vainqueur face à Thierry Mandon avec 717 voix d'écart.
















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