On conseillerait presque à ceux qui le peuvent de garder les enfants à la maison. Ce mardi, 520 écoles sur 662 n'assureront pas un accueil normal en raison d'une grève massive des animateurs de la Ville de Paris, en charge des nouveaux ateliers périscolaires.

Les conseils prodigués par la Ville laissent perplexes. Les parents sont invités à "venir chercher leurs enfants entre 11h30 et 13h30 et après 15 heures, en fonction de l'école à laquelle leur enfant est inscrit". Une journée trouée comme un gruyère, puisque la cantine n'est pas assurée en milieu de journée, pas plus que les ateliers périscolaires prévus en principe de 15 heures à 16h30.

Improvisation

Pour compliquer encore le planning, la Ville indique que "ces informations sont susceptibles de changer à tout moment. En effet, les agents municipaux ne sont pas tenus d'annoncer au préalable leur intention de faire grève", contrairement aux enseignants. "La situation précise ne sera connue que mardi matin."

Mardi matin, la situation n'est toujours pas si précise. "L'organisation de la journée va être très compliquée, estime Geneviève Legal, directrice de l'école Buffault (9e arrondissement). Les parents se sont organisés entre eux. Certains ne vont pas emmener leurs enfants à l'école. Mais on sait déjà qu'à 11h30, certains élèves vont se retrouver sans solution. On ne va pas les mettre dehors !" Dans cet établissement, des "lots de dépannage" ont été mobilisés en catastrophe afin de nourrir les enfants concernés à midi. "On est dans le bricolage", commente la directrice.

"C'est une voisine qui garde mon fils à midi, puis mon mari prend une demi-RTT à 15 heures", témoigne Sylvie, mère d'une enfant en maternelle dans le 20e, engagée par ailleurs dans le collectif Prenons le temps pour nos enfants. "Dans de nombreuses écoles, les parents ont organisé des réseaux de solidarité, indique Isabelle Rocca, vice-présidente de la FCPE Paris en charge du 1er degré. Ils se sont arrangés entre eux pour garder plusieurs enfants à la maison. Certains parents ont pris des RTT, mais ils emmènent quand même leur enfant à l'école." 

Pas de service minimum

Au Conseil de Paris, l'opposition va vraisemblablement attaquer ce mardi sur la "désorganisation" dans les écoles. L'UMP a demandé au maire de Paris "de mettre tout en œuvre pour pallier l'absence de personnels grévistes". "Aucune solution de repli n'est proposée", appuie le conseiller UMP Jean-Baptiste Menguy, qui demande l'application du "service minimum d'accueil" (SMA) pour la journée de jeudi, au cours de laquelle les enseignants vont débrayer à leur tour.

Le SMA, déjà complexe à assurer auparavant, est rendu quasi impossible par la mobilisation des animateurs sur les ateliers périscolaires. La liste provisoire des écoles fermées ce mardi peut être consultée, sans garantie, sur le site de la Ville de Paris. Seules 80 écoles assurent, en principe, un accueil normal ce matin. Jeudi, selon le rectorat, 52,9% des enseignants seront en grève.