"La lutte des classes, c'est ici". Les slogans lancés vendredi par une soixantaine d'agents de service (femmes de chambre, valets ou équipiers) de l'hôtel de luxe Park Hyatt Paris-Vendôme rue de la paix à Paris (2e), ont de quoi surprendre les passants et clients du célèbre cinq étoiles. Les sous-traitants et employés de l'hôtel réclament des embauches par le groupe Hyatt, un 13e mois, le paiement des heures supplémentaires et l'amélioration de leurs conditions de travail.

Contactée par metronews, la CGT dénonce le mutisme de la direction. "Les dirigeants ne négocient pas et le sous-traitant renvoie la balle à la direction", explique Claude Lévy de la CGT. "La direction a voulu insister sur le fait que la grève était uniquement un problème de sous-traitance, mais ce n'est pas vrai. De nombreux collègues du groupe nous soutiennent, mais craignent des représailles", a déclaré à Harold Kreyder, voiturier-bagagiste et délégué syndical CGT. Et d'ajouter : "Elle limite le mécontentement aux salariés de la sous traitance alors qu’il est aussi bien réel en interne".

Un défilé de mode "alternatif" rue de la Paix

De son côté, la direction exclut toute responsabilité. "Nous regrettons bien évidemment cette situation et, sans chercher à nous immiscer dans ce qui relève de la stricte compétence de notre prestataire, nous lui avons indiqué notre souhait d'en voir le règlement rapide, par un accord avec ses salariés, dans l'intérêt de chacune des parties et afin qu'il soit en mesure d'assurer les prestations qu'il s'est engagé à fournir et que les clients de notre hôtel sont en droit d'attendre", a-t-elle déclaré dans un communiqué.

En attendant d'éventuelles solutions, les agents ont un moyen supplémentaire de faire pression et comptent bien l'exploiter. "Si aucune négociation sérieuse n’est ouverte très rapidement, la direction portera la lourde responsabilité de la perte de millions d’euros de chiffre d’affaires générés par la Fashion week qui démarre le 23 septembre !", menace la CGT. Un "défilé de mode alternatif" est prévu pour contrer les fameux défilés qui auront lieu un peu partout dans la capitale. "Les agents viendront sur leur 31 défiler rue de la Paix dès que nous aurons l'autorisation de la préfecture. Nous poursuivons cette grève illimitée, certains clients de l'hôtel ont même signé notre pétition, et nous le dureront jusqu'à ce que la direction entame des négociations", prévient Claude Lévy.