Ils refusent toujours le plan social durant les travaux. Le comité d'entreprise du luxueux hôtel Lutetia (6e arrondissement de Paris) et la CGT ont déposé vendredi un recours contre le projet annoncé en septembre, a indiqué dimanche la CGT. Le plan social doit accompagner les travaux qui vont durer trois ans. Le recours serait examiné le 14 janvier par la justice.

Ils assignent l'hôtel pour "fraude aux licenciements économiques", au motif paradoxal que l'entreprise s'est engagée à ne pas supprimer de postes à l'issue des travaux, précise un communiqué commun CGT-CFDT. La direction de l'hôtel a annoncé en septembre à ses salariés une fermeture à partir d'avril 2014 et présenté un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) concernant 211 salariés sur 220. 

"Cas de figure peu commun"

Pendant les travaux, il est proposé aux salariés un reclassement dans le groupe, des mesures de départs volontaires, la suspension de leur contrat avec un maintien partiel de rémunération ou encore une mise à disposition permettant le recours au dispositif de chômage partiel. Les salariés qui refuseraient seraient licenciés pour motif économique.

"Un licenciement économique implique par définition une suppression d'emploi. Or dans notre cas de figure peu commun, notre avocat fait valoir que ce n'est pas réellement le cas", explique Claude Lévy (CGT). Dans sa requête pour tenter de faire stopper le PSE, consultée par l'AFP, l'avocat écrit que l'hôtel "se prévaut faussement d'un motif économique pour mettre en place un processus de rupture des contrats de travail" et "faire peser sur le système d'assurance chômage leur indemnisation pendant toute la durée des travaux".