Le tapage nocturne n'excuse pas tout. Un retraité de 63 ans l'a appris à ses dépends. Il y a deux ans, le 27 avril 2011, un groupe de jeunes d'une vingtaine d'années, réunis sur un parking d'Auvers-sur-Oise, après un match de foot de Ligue des champions, exaspère le retraité. Alors, armé d'un fusil de chasse chargé avec des balles en caoutchouc, il tire en l'air pour les effrayer. Mais devant le peu de réaction de ces derniers, il finit par les viser directement. Tirs qu'il a effectué "à courte distance", selon Me Marion Menage, l'avocate des deux jeunes.

L'un d'entre eux est touché à la hanche par l'un des projectiles, qui s'est enfoncé de plusieurs centimètres, sans toutefois toucher d'organe vital. Le second a été blessé aux parties génitales, et a perdu l'un de ses testicules dans l'agression.

Des jeunes "marqués à vie"

"C'étaient des jeunes sans histoires, qui n'avaient jamais fait parler d'eux. Ils n'ont pas compris ce qui leur arrivait", a raconté M. Menage, assurant que ses deux clients, aujourd'hui âgés de 23 et 25 ans, seraient marqués "à vie" par cette histoire.

Le prévenu était poursuivi pour "violences avec arme", ayant entraîné, pour l'un des deux jeunes, une infirmité. Il a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel de Pontoise à 42 mois de prison dont 24 avec sursis. Jusque-là jamais condamné, le sexagénaire, un ingénieur encore en activité, va bénéficier d'un aménagement de peine, qui lui évitera l'incarcération.