La police judiciaire, la police scientifique et les sapeurs-pompiers de Paris étaient toujours sur place en fin de matinée mercredi pour déterminer les causes du tragique incendie qui a causé la mort de six personnes et fait trois blessés dans un immeuble de Pantin (Seine-Saint-Denis).

Selon la mairie, 26 migrants d'origine tunisienne et égyptienne vivaient dans ce local commercial situé 4 passage Roche et dont une partie leur était louée par un marchand de sommeil. Les corps des victimes n'avaient toujours pas été transférés à l'Institut médico-légal à midi, les services de police procédant à leurs identifications. Ni l'âge, ni le sexe des personnes décédés n'étaient connus en milieu de journée. Selon nos informations, les personnes qui vivaient dans ce local étaient âgées de 20 à 36 ans environ. Il n'y avait aucun enfant.

Une bougie serait à l'origine du sinistre

Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, le directeur de la police judiciaire Christian Flaesch, et le préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert, se sont rendus sur place mercredi matin. "Je voudrais m'incliner devant la mémoire de ces pauvres gens qui sont morts dans des conditions atroces seuls et loin de chez eux, a déclaré Claude Guéant. C'est aussi l'occasion de souligner une réalité tragique des filières de l'immigration irrégulière. Ces filières font miroiter l'espoir, rançonnent des personnes qui veulent trouver une meilleure vie loin de chez elles et les laissent tomber, les laissant dans une situation d'errance".

Selon les premiers éléments de l'enquête, une bougie mal éteinte serait à l'origine de l'incendie. "La configuration des lieux a fait que les personnes qui ont senti monter la fumée ont eu les pires peines du monde à quitter le local dans lequel elles étaient installées" a précisé le ministre de l'Intérieur. Sylvie Moisson, procureur de Bobigny a elle indiqué que "même si une des hypothèses possibles était un incendie d'origine accidentelle avec une bougie, il était nécessaire que toutes les investigations soient faites".

Des fenêtres murées et une explosion

Abdul Salem fait partie des rescapés de l'immeuble. Ce Tunisien d'une vingtaine d'années vivait 4, passage Roche depuis trois mois. Selon lui, une bougie ou une cigarette mal éteinte aurait effectivement déclenché l'incendie dans ce bâtiment sans eau ni électricité. "Je me suis réveillé à 4 heures du matin, il y avait des gens qui criaient 'au feu' raconte Abdul Salem, légèrement blessé. Il y avait des flammes, puis il y a eu une explosion. Ceux qui ont pu ont sauté par la fenêtre, les autres sont morts".

D'après nos informations, les 26 occupants vivaient au nombre de cinq ou six personnes dans les quatre pièces situées au deuxième étage du bâtiment. Plusieurs fenêtres, murées, ont empêché certains de fuir. La mairie de Pantin affirme que l'étage occupé par les Tunisiens et les Egyptiens était loué par un "marchand de sommeil", et qu'elle avait pour sa part racheté une partie de l'immeuble. "Contrairement à ce que l'on a entendu, il ne s'agit pas d'un squat mais d'une occupation illicite d'un local appartenant à un particulier. Nous avons su récemment qu'il s'agissait d'un marchand de sommeil et nous étions dans des démarches administratives pour mettre fin à tout cela", a ajouté la mairie.

Départ de feu à 4 heures?

Selon les occupants qui ont pu échapper aux flammes, les voisins auraient alerté les pompiers à 4h12 mais ces derniers ne seraient arrivés qu'à 6 heures. "Ils ont mis deux heures à venir, affirme Abdul. S'ils étaient arrivés plus tôt, il n'y aurait pas eu autant de victimes.

La Brigade des Sapeurs-Pompiers dément cette information affirmant que l'appel leur a été passé à 6h01 et que les hommes du feu sont arrivés sur place en quelques minutes. Au total, 111 hommes ont été dépêchés et 36 engins ainsi que cinq lances nécessaires pour circonscrire le sinistre. Le maire de Pantin, Bertrand Kern, en déplacement en province, doit se rendre sur place à 13 heures.