C’était il y a un an, en mars 2013. Interrogée par des lecteurs de metronews désireux de savoir si la future maire était favorable à une candidature de Paris pour les JO de 2024, elle répondait sans ambages : "Oui". Une réponse à l’affirmative qu’Anne Hidalgo assortissait toutefois de conditions : que la candidature soit portée par le Grand Paris et que le choix du CIO ne se porte pas sur une ville européenne pour 2020. En décembre, François Hollande lui-même avait relancé la dynamique en apportant son soutien aux partisans d'une candidature.

Ça, c’était l’an dernier. Car depuis, la nouvelle maire de Paris a un tout autre discours. Après un timide "Je n'ai pas porté ce projet dans ma campagne", prononcé en fin de semaine dernière alors qu’elle rencontrait le maire de New York, invitée de France Bleu 107.1 et de metronews ce lundi matin, elle l’enterre à demi-mot. Au micro, elle invoque "des contraintes budgétaires telles" qu’elle ne peut pas aujourd’hui "engager Paris, les finances parisiennes et le contribuable parisien, à financer les Jeux olympiques". Comment la maire de Paris en est-elle arrivée là ? La campagne des municipales est passée par là, mais pas seulement.

S’émanciper de l’échec de 2012

"Il y a le contexte politique qui a changé", explique David Belliard, le coprésident du groupe EELV au Conseil de Paris. Au lendemain du premier tour des municipales, en mars dernier, Anne Hidalgo a dû faire alliance avec les Verts, qui eux sont opposés à une telle candidature. Le groupe politique prône en effet un sport de proximité, avec des équipements pratiques et faciles d’accès. Et moins coûteux.

Dans les couloirs de la mairie, une autre hypothèse est également évoquée, en off : "Il y a un an, Anne Hidalgo était tributaire du bilan de Bertrand Delanoë sur l’échec de 2012. Elle veut s’émanciper de ce bilan." Par ailleurs, d’autres soulignent qu’Anne Hidalgo est moins attachée à la construction d’équipements que son prédécesseur, dont elle a été la première adjointe pendant 13 ans.

Martins : "Pas la priorité budgétaire"

L’adjoint aux Sports Jean-François Martins est, quant à lui, sur la même ligne qu’Anne Hidalgo : "Budgétairement, ce n’est pas la priorité que nous ont fixée les Parisiens [en mars dernier, ndlr]." Pour ce dernier, il n’y a pas de revirement et souligne que "la passion pour le sport, elle est toujours là", avant de lister les événements sportifs qu’accueillera Paris : l’Euro 2016, les Mondiaux de hand en 2017 et les Gay Games en 2018.

Des événements qui doivent avoir lieu dans des infrastructures déjà à disposition, ou en cours de rénovation, et qui ne nécessitent donc pas de lourds investissements en période de sobriété économique… et de baisse des dotations de l’État aux communes. Paris définitivement pas candidate ? Non, "si l’État met la main lourdement au porte-monnaie", glisse-t-on rue de Rivoli. La France doit faire connaître à l’été 2015 si elle annonce une éventuelle candidature.