On peut lutter contre la flambée immobilière tout en savourant ses fruits. Alors que l'exécutif parisien s'échine à trouver des économies - 130 à 180 millions pour l'instant - pour combler un trou budgétaire de 400 millions d'ici à décembre, le marché immobilier, à peine convalescent, s'apprête à produire une récolte annuelle tout à fait satisfaisante.

D'après les éléments qui seront communiqués lundi lors du débat d'orientation budgétaire au Conseil de Paris, les droits de mutation - perçus à chaque transaction immobilière - vont dépasser les recettes de l'an dernier, qui "plafonnaient" à 918 millions d'euros. Si la communication de l'exécutif ne mentionne aucun chiffre, signalant simplement une hausse de 6 % du nombre de transactions, l'adjoint PS aux Finances Julien Bargeton se montre un tout petit peu plus précis.

Près de 1,07 milliard

Selon l'élu, "il faut rester prudent" puisque l'année n'est pas achevée, mais "on s'oriente vers une recette conforme aux prévisions". Les prévisions ? Un montant de l'ordre "de 1,07 milliard d'euros" pour l'année 2014. Soit, tout de même, une recette pas si éloignée que cela du record historique de 1,1 milliard récolté à Paris en 2012, en pleine effervescence immobilière. "Nous ne connaissions pas ce montant, assurait dimanche le premier vice-président du groupe UMP, Jean-François Legaret. Je suis cependant assez sceptique sur la réalité de l'augmentation, compte tenu de la stagnation du marché immobilier."

L'exécutif parisien, qui connaît l'extrême volatilité de cette manne fiscale, se garde bien d'en faire une publicité effrénée. D'autant qu'il négocie actuellement avec l'Etat l'octroi de nouvelles recettes pour boucler son budget, à commencer par la revalorisation de la taxe de séjour appliquée aux nuitées dans les hôtels de la capitale. Pas question, non plus, d'augmenter cette taxe immobilière qui rapporte tant, comme l'y autorise la loi. Les communistes, seuls à revendiquer ce déplafonnement, se heurtent pour l'instant à la promesse d'Anne Hidalgo de ne pas augmenter les impôts locaux.