Evidemment, cela tombe mal pour le gouvernement. Il y a un mois, Arnaud Montebourg, tout juste nommé ministre du Redressement productif, rencontrait les principaux opérateurs de télécom français pour tenter d'endiguer la vague de délocalisation des centre d'appels à l'étranger. Las, hier, Le Parisien révélait que la région Ile-de-France avait décidé elle aussi d'attribuer à partir du 1er février 2013 le marché de sa plateforme d'assistance téléphonique à une entreprise française délocalisée au Maroc.
Huchon répond à Montebourg
Une aubaine pour l'opposition régionale dont la chef de file, Valérie Pécresse, a aussitôt critiqué dans un communiqué "le flagrant délit de contradiction" de la gauche. Une tuile pour Montebourg qui a appelé ce matin sur Europe 1 Jean-Paul Huchon, le président du conseil régional, à "reconsidérer sa décision". Sauf que le ministre avait été mis au courant de l'affaire il y a quinze jours selon Pierre Serne, vice-président du Syndicat des transports parisiens (Stif), l'organisme qui a validé la délocalisation du marché. Et qu'il est de toute façon juridiquement impossible de revenir en arrière.
"Nous l'avons alerté après le vote de notre conseil d'administration le 11 juillet, explique Pierre Serne à Metro. Nous aurions préféré cent fois reconduire le même prestataire mais l'autre était clairement moins cher et nous avons été obligés de suivre l'avis de la commission d'appel d'offre. Si nous ne l'avions pas fait, nous allions au tribunal et nous étions condamnés pour favoritisme." La seule façon d'empêcher à l'avenir ce genre de mésaventure selon Pierre Serne est de modifier les règles d'attribution du marché public.
Impossible de revenir en arrière
"Il est aujourd'hui impossible de prendre en compte des critères de localisation lors d'un appel d'offre", regrette le président du Stif. En clair, c'est l'entreprise qui propose la meilleure offre qui l'emporte, où qu'elle se trouve dans le monde. Une contrainte qui rend juridiquement impossible une éventuelle annulation de la délocalisation de la plateforme téléphonique au Maroc. Le Stif a jusqu'à demain samedi pour notifier à l'entreprise qu'elle a remporté l'appel d'offre. "Mais il est probable qu'elle a déjà été avertie, précise Pierre Serne. Et de toute façon, on ne peut pas revenir sur notre choix ou alors elle va nous attaquer en justice et elle gagnera."
Webhelp, l'entreprise qui va perdre le marché, a annoncé qu'elle allait devoir supprimer 80 emplois et à terme, fermer deux centres à Fontenay-le-Comte (Vendée) et Saint-Avold (Moselle). C'est sans doute l'un de ses dirigeants qui a alerté les médias hier en escomptant que la polémique retarde la procédure en cours. Mais à part nourrir quelque tension entre Arnaud Montebourg et Jean-Paul Huchon, l'information n'empêchera pas la délocalisation de la plateforme l'année prochaine pour deux ans. "De toute façon, tout n'est pas blanc ou noir, assure t-on au Stif. Le prestataire actuel délocalise déjà une partie de ses activités en Roumanie. Et nous allons être très vigilant quant à la qualité de service du nouveau en pratiquant des tests à l'aveugle."















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