POLITIQUE – La Ville de Paris continuera de soutenir Métronome, l'ouvrage du comédien Lorànt Deutsch qui revisite l'histoire de la capitale à travers ses stations de métro. Le conseil de Paris a rejeté mardi un vœu des élus communistes lui demandant de ne plus faire la promotion d'un livre accusé d'être "orienté idéologiquement".
"Nous refusons que soient valorisés, reçus par la Ville, décorés par son maire, invités dans les écoles publiques en présence d'élus et de représentants du rectorat, financés par le service public de télévision, les tenants de cette histoire pipolisée, bling-bling […] qui méprise la République et la Révolution française", avait lancé auparavant l'auteur de ce vœu, Alexis Corbière.
"Affabulations"
Auparavant, il avait assuré qu'il ne ferait pas la liste "de toutes les erreurs et affabulations" que contient Métronome : "inventions pures et simples, mauvaises interprétations très discutables, légendes et mythes racontés sans aucune mise à distance..."
Le vœu souligne que l'ouvrage a été vendu "à près de 2 millions d'exemplaires" et qu'il a bénéficié d'une "forte promotion médiatique", précisant que le comédien avait été invité dans des écoles parisiennes et que le maire PS Bertrand Delanoë l'avait décoré de la médaille Vermeil de la Ville en 2010.
Les communistes jugés "sectaires"
Lundi, Bertrand Delanoë avait soutenu le comédien, qui se dit royaliste. "S'il a envie d'être monarchiste, je le respecte. Moi, je suis républicain", avait indiqué le maire de Paris. Avant de critiquer le vœu des élus PCF-Front de gauche : "C'est l'art de se compliquer la vie et d'être un peu sectaire", avait-il jugé.
"Nous sommes convaincus que c'est aux historiens qu'il appartient d'écrire l'histoire", a ajouté mardi Danièle Pourtaud, adjointe au patrimoine. "Au-delà de la polémique que vous relayez, vous allez certainement replacer Lorànt Deutsch et son Métronome au hit-parade de l'été", a-t-elle dit.
"Réécriture de l'histoire"
Pour sa part, Lorànt Deutsch s'est défendu auprès de l'AFP d'être "un idéologue" ou "un faussaire historique". "L'histoire ne peut pas être un instrument politique. Ce que j'ai voulu, c'est la raconter (...). Ceux qui m'accusent de la manipuler, d'être un idéologue, ont tort et je leur retourne le compliment", a affirmé le comédien et écrivain, depuis l'île de Ré.
Les élus UMP ont également brocardé la "réécriture de l'histoire" par les régimes communistes, s'étonnant que les auteurs du vœu "ne mentionnent pas l'absence de chapitre consacré à la station de métro Stalingrad". "Il faut savoir vivre avec son temps, Monsieur Corbière", ont-ils conclu.
















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