Pour quelle raison avoir publié le 19 février dernier sur votre blog cet article consacré aux Roms, article qui aujourd'hui fait polémique ?
C'est simple. Lorsque dans le cadre de ma campagne je m'adresse à des habitants du 6e arrondissement où je suis candidat, j'ai beau évoquer toutes sortes de sujets et tenter de détailler les éléments de mon programme, ils ne me parlent que d'une chose : les Roms. Je suis sidéré de voir à quel point ce sujet est devenu une obsession pour certains. Aujourd'hui, il n'existe que trois solutions pour régler ce problème. La première consisterait à laisser les choses en l'état, ce qui est impensable et malsain pour tout le monde. La seconde serait de placer ces personnes dans les camps de rétention administrative. J'ai visité un de ces camps dans le nord de Paris quand j'étais député européen, c'est affreux, ce sont des lieux franchement inhumains. La troisième solution, qui est la plus raisonnable, rationnelle et humaine mais que personne n'envisage, est la suspension de Schengen.

Vous évoquez aujourd'hui ces "camps de rétention administrative", confusion avec les centres de rétention administrative (CRA). Dans votre article sur votre blog, vous "parliez" de "camps" tout court…
Bien évidemment, je parlais des CRA. Si le mot "camp" a été mal interprété, je le regrette. Ce terme ne fait pas exclusivement référence aux camps de concentration. Le Front populaire l'a utilisé quand il a construit autour de Bayonne, Toulouse ou Bordeaux des camps pour les réfugiés espagnols. C'était également le mot utilisé en 1962 pour les rapatriés en Algérie. On était sous De Gaulle, ça n'a rien à voir avec le Seconde Guerre Mondiale.

Pour que les choses soient claires, les camps de concentration ne sont donc pas à vos yeux un "détail de l'histoire", expression utilisée il y a quelques années par Jean-Marie Le Pen ?
Bien évidemment, non. Je suis catholique, je ne suis pas au Front National, je suis gaulliste. Comment voulez-vous que je demande l'érection de camps de concentration en 2014 ? Si le mot camps que j'ai utilisé connote ces camps-là, alors oui, je vous le répète, je regrette de l'avoir utilisé.

Cette expression de "concentrer" les Roms dans des camps a fait beaucoup de bruit lundi quand l'Agence France Presse l'a citée et qu'elle a été reprise par plusieurs médias…
En période électorale, les manipulations et déformation de la presse sont fréquentes. Tout est malhonnête dans tout ça. L'AFP a déformé mes propo de façon scandaleuse et honteuse. Je crois que je vais intenter une action en justice contre elle. Quand on dit que je demande la construction de camps pour concentrer les Roms alors que je dis que c'est ce qui existe actuellement et que je le déplore, ça n'est pas possible. Alors oui, je risque d'attaquer l'Agence France Presse pour ces faits. 

Vous reprenez également dans votre article le terme de "lèpre"…
Ce mot a été prononcé par une habitante du 6e arrondissement et j'ai évoqué cette anecdote sur mon blog. La vérité, c'est que les gens parlent comme ça. Mais faire aujourd'hui comme si le mot "lèpre" était sorti de ma bouche, c'est dégueulasse ! Je n'ai jamais dit ça. 

Dans ce contexte donc, quand il est utilisé direction de cette population,  on peut considérer que le mot "lèpre" vous choque…
Bien sûr. Tout me choque dans cette affaire. Je ne voulais pas mettre ce mot en avant mais il traduit bien la surexcitation de la population qui à mon avis peut être assez dangereuse.