(article mis à jour à 15h30 avec les précisions de la RATP)

Les stations de métro "Champ de mars", "Haxo" ou "Croix Rouge", vous connaissez ? Non ? Rien de plus normal. Si ces stations existent bel et bien, elles sont pour la plupart abandonnées depuis belle lurette. Certaines, fermées pendant la seconde guerre mondiale, n'ont jamais rouvert. D'autres, comme la station Saint-Martin (photo), souffraient d'une trop grande proximité avec leurs voisines.

Depuis, ces stations fantômes ne cessent d'alimenter les fantasmes des Parisiens. Une page Wikipedia a même été créée pour parler du phénomène et les "explorateurs urbains" en font une destination phare. Tant et si bien que même les candidats à la mairie de Paris se prennent à rêver. Nathalie Kosicusko-Morizet, candidate UMP, a proposé d'organiser des fêtes dans ces stations, désormais inutilisées.

Pas d'issue de secours

"Il y a un potentiel de lieux non exploités à Paris qui ne posent aucun problème de voisinage. Les stations de métro fantômes sont par exemple des lieux parfaits pour développer des lieux de convivialité", avait-elle déclaré au journal 20Minutes, au printemps dernier. Il n'en fallait pas plus pour exciter la curiosité des Parisiens.

Depuis, la régie de la RATP est submergée d'appels, raconte Le Parisien. Pour autant, la proposition de NKM semble plutôt impossible à réaliser. "Impossible de se prononcer en l'état, tranche-t-on à la RATP. Il faudrait au préalable mener de nombreuses études de faisabilité." Plusieurs problèmes se poseraient en cas d'organisation de soirées. Premier d'entre eux : l'accès. "Certaines stations ne disposent même plus d'entrée. On ne peut y accéder qu'en train ! Détaille l'entreprise. Sans parler des issues de secours inexistantes".

Une ouverture exceptionnelle possible

Autre obstacle, les normes de sécurités. Beaucoup de ces lieux ne correspondent plus aux normes en vigueur pour accueillir du public. Passage de trains en journée, maintenance en soirée, et surtout rails partiellement électrifiés, les stations de métro, même abandonnées, restent dangereuses. "Certaines sont d'ailleurs considérées comme des voies ferrées en exploitation, détaille l'entreprise. Il y a des normes de sécurité drastiques".

"Ça pourrait par contre se faire de manière exceptionnelle", explique l'entreprise. L'année dernière, pour les journées du patrimoine, la RATP avait par exemple organisé une grande chasse aux trésors qui passait par les stations fantômes. L'entreprise avait également organisé des visites insolites avec un public très restreint dans le cadre du festival Paris Face Cachée.

La nuit parisienne : un enjeu des municipales

Mais Nathalie Kosciusko-Morizet n'en a pas moins mis le doigt sur un problème plus global. À Paris, les relations entre les exploitants de bar et les riverains sont de plus en plus tendues. La candidate PS, Anne Hidalgo, penche pour des quartiers "dévolus" à la fête, comme les quais de la Seine ou le jardin de la Villette. Une "ghettoïsation" de la fête au détriment d'une vie de quartier équilibrée, dénoncée par plusieurs professionnels.

À l'étranger, utiliser les stations de métro abandonnées est également en discussion. À Londres, le maire Boris Johnson s'est déclaré favorable à la transformation de certaines stations en lieu d'exposition ou de fête, à une condition : que cela ne coûte rien au contribuable.

Et puisqu'à metronews on aime bien nos lecteurs, on vous révèle un scoop : il y a déjà régulièrement des fêtes organisées dans le métro. Totalement clandestines, elles sont organisées par des collectifs qui réunissent leurs membres, au dernier moment, via les réseaux sociaux. Suffit de trouver la bonne rame.