C'est sans doute l'une des premières places les moins flatteuses décrochées par l'Ile-de-France. Selon l'Agence régionale de santé d'Ile-de-France (ARS-IDF), la région concentre 30 à 45 % des logements considérés comme "indigne" en France. Au regard de la loi, un habitat "indigne" recouvre "l’ensemble des situations d’habitat qui sont un déni au droit au logement et portent atteinte à la dignité humaine". Des logements insalubres semblables à l'immeuble du centre-ville de Saint-Denis qui avait brûlé il y a quinze jours, tuant deux locataires ghanéens.

La Seine-Saint-Denis, département le plus touché

Un fléau qui touche la petite couronne et plus particulièrement la Seine-Saint-Denis. Patrick Braouezec, le président (PCF) du conseil général, estime ainsi que 600 000 logements sont en proie à l'insalubrité dans son département. Et il ne faudrait pas penser qu'ils ne concernent que les cités ou les périphéries. Stéphane Peu, maire-adjoint de Saint-Denis, rappelait après le drame que 40 % des logements situés dans le centre de la commune sont "potentiellement indignes". Quand ils sont identifiés par l'administration comme "indigne", leurs propriétaires n'ont alors plus le droit de percevoir un loyer. Ce qui ne les empêche pas parfois de les réclamer en toute illégalité comme c'était le cas pour les deux victimes de Saint-Denis.

Autre injustice, la lenteur voire l'inefficacité des procédures lancées par l'Etat et les communes pour contraindre les propriétaires à réaliser des travaux. "Beaucoup d'arrêtés d'insalubrité restent sans suite, souligne Anne-Claire Davy, chargée d'étude à l'Institut d'aménagement et d'urbanisme. Les services de l'État hésitent parfois sur les procédures à engager par peur des contentieux portés, et parfois gagnés, par les propriétaires". A Saint-Denis, l'état indigne de l'immeuble du drame avait été dénoncé dès 2008.