C'est une mesure symbolique et particulièrement appréciée des Franciliens les plus modestes. Le Louvre va supprimer, durant la haute saison (avril à septembre), l'accès gratuit aux collections permanentes du musée le premier dimanche de chaque mois, mis en place par la droite en 1996. Une information révélée par l'association Louvre pour tous et confirmée lundi à metronews par le musée, qui nous a renvoyés vers le ministère de la Culture.

Selon Louvre pour tous, qui vient de mettre en ligne une pétition pour défendre le principe de la gratuité, cette décision, conséquence des "restrictions budgétaires", a été prise au conseil d'administration du musée de novembre dernier. "C'est déplorable dans la mesure où il s'agit du Louvre, le symbole des musées français", juge Bernard Hasquenoph, le fondateur de Louvre pour tous, voyant dans la gratuité mensuelle un rare exemple de "réussite de démocratisation culturelle". "On ne peut pas parler de démocratisation culturelle et ne pas la traduire dans les actes", estime-t-il, ciblant la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti.

Effet d'aubaine

Pour l'initiateur de la pétition, le premier dimanche gratuit, mesure généralisée à tous les musées nationaux depuis 1998, permet d'attirer des visiteurs souvent "locaux", issus de milieux populaires. Sollicité, le ministère de la Culture n'a pas donné davantage de précision sur la suppression de la gratuité entre avril et septembre. Toutefois, selon nos informations, le ministère plancherait sur une mesure compensatoire en faveur des publics les plus défavorisés.

La gratuité mensuelle, destinée à "démocratiser" l'accès à la culture, générerait un "effet d'aubaine", certaines agences de voyages tablant sur ces journées pour faire venir les touristes. Durant les journées de gratuité, la fréquentation du Louvre est particulièrement massive - jusqu'à 70 % de hausse -, voire pénible pour les visiteurs. Les autres mesures tarifaires, dont la gratuité pour les moins de 26 ans, ne sont pas remises en cause. Le prix d'un billet pour les expositions permanentes est passé de 11 à 12 euros en juillet dernier.

Les explications du Louvre

Le musée a donné, après la publication de l'article, des explications complémentaires sur la fin de la gratuité du premier dimanche entre avril et septembre. Voici ses arguments : l'objectif de démocratisation culturelle a été "partiellement atteint au cours de la décennie", mais l'augmentation de la fréquentation - 70 % des visiteurs étant des étrangers - "conduit à des phénomènes d'hyper-fréquentation pouvant toucher à la sécurité des personnes et des œuvres".

Selon le musée, les études ont également révélé que "le nombre de primo-visiteurs était en forte baisse" lors de ces dimanches gratuits, au profit de la fréquentation étrangère, "en particulier à l'initiative des agences touristiques" qui profitent de l'effet d'aubaine. Pour compenser la suppression du dimanche gratuit, la direction indique travailler sur des mesures pour "renforcer et diversifier ses offres culturelles" à destination des publics locaux.