Le maire du 10e arrondissement l'avait promis : l'ouverture de la salle de shoot ne se ferait pas sans un renfort policier autour de l'installation. Une brigade dédiée avait été prévue, en lien avec la préfecture de police de Paris (PP), pour assurer la sécurité des riverains et des toxicomanes.

Le Conseil d’Etat a depuis retoqué le projet, en le considérant non-conforme à la loi. Mais, selon Rémi Féraud, le maire du 10e, si l'ouverture de la salle de shoot ne se fera vraisemblablement pas avant les municipales, la brigade dédiée, elle, sera bien créée. "J'ai demandé à ce que le renfort policier prévu initialement pour la salle soit redéployé autour de la gare du Nord", a indiqué l'édile.

Une loi en préparation

Jeudi matin, après l'annonce du Conseil d’Etat, Anne Hidalgo a confirmé que l'ouverture n'aurait pas lieu avant les élections municipales. Mais l'équipe PS ne compte pas renoncer au projet pendant la campagne. "Je ne vais pas changer mon fusil d'épaule parce que ça coince juridiquement, confirme Rémi Féraud. Ça ne change pas ma volonté à plus long terme, si la loi est modifiée, d'ouvrir une salle comme cela car nous en avons besoin, pour la sécurité des toxicomanes comme des riverains".

Dans la journée de jeudi, Marisol Touraine, la ministre de la Santé, a confirmé qu'il y aura bien un projet de loi pour "sécuriser juridiquement" le dispositif. Le principe de l'expérimentation d'une "salle de consommation de drogue à moindre risque" - une première en France - a été jugé jeudi par le conseil d'Etat comme étant contraire à la loi. L'institution a recommandé au gouvernement "d'inscrire dans la loi le principe de ce dispositif pour plus de garantie juridique".