La rue Jean-Pierre-Timbaud est un incontournable des nuits parisiennes. Chaque week-end, des centaines de noctambules viennent ici commencer ou finir leur nuit. Si la concentration de fêtards et de bars y est plus élevée qu'ailleurs, jusqu'à présent, la concertation avec les riverains tenait de l'exemple : installation d'oriflammes sur les trottoirs, distribution de flyers, embauche de "chuteurs" ["portiers" chargés de faire baisser le son aux riverains ndlr] et même installation de sondes sonores aux fenêtres pour mesurer le bruit de la rue. Mais, depuis quelques mois, la situation s'est tendue.

Avertissements et fermetures administratives se multiplient, au grand dam des patrons. "Ça fait cinq ans que je suis là et je n'ai jamais vu ça !" fustige Fabrice Buresi, de la Paloma et du Cri du glaçon. "On sent que les élections arrivent", renchérit Selim Hammoumi, gérant de la Droguerie Moderne et du Ciré Jaune. La mairie n'a pas la volonté de faire baisser les nuisances à long terme. Elle veut simplement être vue des riverains". Les tenanciers ont donc lancé une pétition pour tenter de faire valoir leur point de vue. "Depuis plusieurs années, une poignée de riverains par leurs plaintes répétées essaient d’étouffer notre quartier", expliquent-ils.

"Les riverains se plaignent du bruit depuis trois ans"

"Curieusement, aucun autre commerce (coiffeur, marchand de journaux,...) ne s'est engagé dans le mouvement", relève un habitant du quartier pour qui "la dégradation a atteint des sommets invraisemblables". "Au cours des six derniers mois, une petite dizaine d'établissements a ouvert dans ce secteur, confirme Stéphane Martinet, adjoint chargé de la culture à la mairie du 11e. Les gens chantent, hurlent, dansent. Si on concentre trop de monde dans le même espace, ça devient trop pour les riverains."

La mairie confirme la hausse de la répression. "Nous avons interrompu le processus de médiation", confirme l'élu. Mais il nie toute prétention électoraliste : "Les gens se plaignent du bruit depuis trois ans, alors quand les méthodes ne marchent pas, on en change."

Si le bras de fer semble bel et bien entamé, les noctambules parisiens tentent depuis plusieurs mois de se faire entendre dans la campagne municipale. Le "maire de la nuit", Clément Léon R a envoyé un questionnaire à tous les candidats leur demandant de se positionner sur le sujet. La pétition de la rue Jean-Pierre-Timbaud, mise en ligne ce week-end, a quant à elle déjà recueilli plus de 1200 signatures.