Hébergements dans des palaces cinq étoiles, voyage à Venise avec 50 000 euros de frais de mission et d'hébergement ou notes de restaurant de plus de 28 000 euros pour les 269 premiers jours de 2010. Selon le Canard Enchaîné, en kiosques ce matin, un rapport confidentiel de l'Inspection générale des finances (IGF), commandé par l'ancienne ministre du Budget Valérie Pécresse, pointe du doigt des dérives dans la gestion de l'Etablissement public d'aménagement de la Défense (Epadesa, ex-Epad).
Hôtel avec vue sur le grand canal de Venise
Le rapport, commandé en 2010 à 'Inspection générale des finances par Philippe Chaix, directeur général de l'Epadesa, n'a toujours pas été rendu public. Mais le Canard Enchaîné, qui s'en est procuré une copie, en cite de longs extraits, qui mettent en cause la gestion de l'établissement public, présidé par Philippe Chaix depuis 2008.
Selon l'hebdomadaire, les dirigeants de l'Epad se sont réunis à Venise en août 2010, où l'Epad avait un stand à la Biennale. Coût de l'opération : 260 000 euros, dont 50 000 euros de frais de mission. Le journal détaille les prestations d'hébergement "facturées à plus de 270 euros la nuit (...) dans un hôtel donnant sur le grand canal" et précise même le montant des notes de bateau-taxi, qui atteindraient 3 500 euros.
Selon l'Epadesa, les fonds déboursés sont dus à l'organisation sur place d'une exposition sur la Défense. L'établissement public indique que les frais d'hébergement de son équipe se montaient à 9.970 euros, avec en outre près de 12.000 euros de billets d'avion.
2 millions d'euros pour la communication en 2010
Cependant, toujours selon l'hebdomadaire, le maire communiste de Nanterre Philippe Jarry et quelques élus UMP se sont retrouvés au salon international de l'immobilier à Cannes, séjour qui aurait coûté près de 800 000 euros en 2010, "avec hébergement dans des palaces de quatre ou cinq étoiles".
En tout, les dépenses regroupant les frais de mission et de déplacement auraient doublé depuis la nomination de Philippe Chaix, pour atteindre 700 000 euros en 2010. Idem pour les dépenses de communication qui atteindraient 2 millions d'euros par an.
28.564 euros de frais de bouche
Enfin, l'IGF juge "excessifs" le montant des frais de bouche du directeur général de l'Epad (Etablissement public de la Défense, devenu Epadesa), Philippe Chaix, se basant sur 265 notes de frais entre le 1er janvier et le 23 septembre 2010 atteignant un montant total de 28.564 euros.
L'Epadesa justifie ces dépenses par "un intense lobbying" mené à l'époque auprès d'investisseurs et d'opérateurs "pour expliquer la nécessité du plan de renouveau de la Défense". Il précise avoir mis au point "dès début 2011 des procédures encadrant strictement tous ces frais" et qui ont été "remarquées par le ministère des Finances".
Les voyages de la directrice de cabinet de Devedjian épinglés
Par ailleurs, comme le révèle l'Express ce matin, la Cour des Comptes s'est interrogée sur les dépenses effectuées lors de voyages cinq étoiles à Dubai et à Abou Dhabi de Patrick Devedjian, alors président de l'Epad et ministre de la Relance, avec sa directrice de cabinet.
Selon le site Internet du magazine, les deux voyages au Moyen Orient auraient coûté à l'Epad 11 700 et 23 000 euros (voyage en première classe, nuits dans des palaces). La Cour des comptes a prié l'établissement public de se justifier sur ces prises en charge et demandé si les frais liés au déplacement et à l'hébergement de la directrice de cabinet et de l'agent de sécurité de M Devedjian ont été refacturés au conseil général. La réponse est non. "M. Devedjian est allé là-bas au titre de président de l'Epad et Marie-Célie Guillaume l'a accompagné car elle suivait au conseil général des Hauts-de-Seine les dossiers de l'Epad, répond le service de presse du conseil général, interrogé par L'Express. Quant à l'agent de sécurité, il suivait le ministre, c'est normal."
L'ancienne directrice de cabinet de Patrick Devedjian, Marie-Célie Guillaume, est au centre d'une polémique depuis la parution de son livre Le monarque, Son fils, Son fief, qui décrit par le menu les petits arrangements politiques dans les Hauts-de-Seine pendant le mandat de Nicolas Sarkozy.














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