Incontestablement, 2012 a été une année faste pour les grands musées de la capitale. Le musée d'Orsay a accueilli 3,6 millions de visiteurs. C'est 15 % de plus que l'année précédente et, surtout, le lieu enregistre sa meilleure fréquentation depuis 25 ans. L’Orangerie, qui regroupe lui aussi nombre de trésors impressionnistes, enregistre une hausse de 20 % sur un an, avec 800.000 visiteurs.

Et ce n'est pas tout. Le centre Pompidou a connu une année record : plus de 3,8 millions de visiteurs (+ 6% par rapport à 2011). En six ans, la hausse atteint 49 % ! Quant au Louvre, la figure de proue des musées parisiens, il devrait atteindre la fin d'année avec la bagatelle de 10 millions de visiteurs, soit un million de plus qu'en 2011.

Une programmation de qualité

Ce qui a surtout fait de 2012 une année exceptionnelle, c'est la qualité et la rareté des collections présentée : au centre Pompidou l’exposition "Matisse, Paires et séries" (7 mars — 18 juin) a drainé 495.000 visiteurs, celle consacrée à Gerhard Richter (6 juin — 24 septembre) en a cumulé 425.000, tandis que l’exposition Dali, ouverte le 21 novembre, en accueille quelque 6.700 par jour.

Même chose au musée d'Orsay où "Degas et le Nu" (480.000 visiteurs), "Misia, Reine de Paris" (400.000 visiteurs) et "L’Impressionnisme et la Mode" (qui se poursuit jusqu’au 20 janvier 2013 et qui devrait atteindre 500.000 visiteurs), ont séduit Parisiens et touristes. Au musée de l’Orangerie, l’exposition "Debussy, la Musique et les Arts" a pour sa part accueilli 290.000 visiteurs.

L'attrait des "stars"

Les grands noms attirent au-delà des amateurs d'arts. Le facteur curiosité joue et le bouche-à-oreille fait le reste. Ainsi, l'exposition des tableaux d'Edward Hopper ont suscité un engouement rare. Près de 6.500 personnes se pressent chaque jour au Grand Palais. Depuis le 10 octobre, près de 470.000 amateurs ont pu voir les toiles du peintre américain.

Au Louvre, l'exposition autour de "La Sainte Anne" de Léonard de Vinci, fraîchement restaurée, a accueilli 305.000 visiteurs au printemps 2012. L'artiste italien a aussi attiré 70 000 curieux à la Cité des sciences et de l'industrie pour "Léonard de Vinci, projets, dessins, machines", et l'exposition n'est pas finie.

La culture abordable

Cette éclatante santé, alors que la crise frappe un peu partout, a de quoi surprendre. Mais elle s'explique également par le facteur financier. Tout d'abord, visiter un musée est occupation plutôt abordable. Le plein tarif oscille entre 10 et 15 euros que ce soit à Beaubourg, au Louvre ou à Orsay. Mais surtout, l'entrée est gratuite pour de nombreux publics : moins de 25 ans, demandeurs d'emploi ou adultes handicapés. De plus, les touristes pèsent pour beaucoup dans la fréquentation des musées et cette année ils ont encore été très nombreux à visiter la capitale.

Pour le président du Centre Pompidou, Alain Seban, la crise a pu contribuer a pousser les gens dans les musées. L'affluence au musée est probablement due "à la recherche d'authentique, de vérité, expliquait-t-il sur France Info ce jeudi. La crise crée un besoin de chercher à connaître, à comprendre le monde".