"Un jour, il y aura un crash avec des blessés et l'image des drones va en prendre un coup alors que le secteur est en pleine structuration en France". Emmanuel de Maistre, le président de la Fédération professionnelle du drone civil, est chaque mois un peu plus inquiet devant la multiplication des vidéos de survol de Paris postées sur Internet. L'une d'entre elles, tournée dans le quartier de La Défense, a déjà été vue près de 180.000 fois. Des vidéos illégales car l'utilisation des drones de loisirs sur la voie publique est strictement interdite selon le code de l'aviation civile.

Des appareils de plusieurs kilos

"Les vols de drones en agglomération peuvent être autorisés uniquement s'il s'agit d'une activité commerciale, explique-t-on à la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). Et encore, dans ce cas, il est nécessaire de suivre une formation théorique d'une vingtaine d'heures et de prouver sa maîtrise technique de l'appareil. Les vols à usage récréatif sont restreints aux espaces clos ou aux terrains d'aéromodélisme". Une interdiction qui concerne n'importe quel drone vendu dans le grand public, du plus lourd au plus léger. C'est notamment le cas des petits appareils popularisés par la société française Parrot qui a vendu depuis 2010 plus d'un demi-million de son premier modèle pilotable avec un smartphone et doté de deux caméras embarquées.

"Si ce genre de petit drone se crashe dans une ville, ce ne sera pas trop dangereux car ils ne font que 700 grammes mais imaginez les conséquences avec des appareils de plusieurs kilos", poursuit Emmanuel de Maistre. Hors la loi, l'utilisateur pourra être poursuivi pénalement et ses dégâts ne seront pas couverts par les assurances. Il y a trois semaines, à New York, un mini-hélicoptère téléguidé était tombé sur la tête d'un homme d'affaires. Le pilote fait aujourd'hui l'objet d'une enquête de police après avoir été identifié par l'enregistrement vidéo de la caméra embarquée...