Sur une musique au piano, la vidéo montre des jeunes et moins jeunes collant petits papiers et calicots aux messages pacifistes - "Le rêve ne s'achète pas" ou "La pub fait dé-penser" - sur les publicités dans le métro. Un film réalisé par les "reposeurs" pour parler de leur action et diffusé en introduction de leur conférence de presse ce jeudi. "Nous sommes des citoyens, des usagers du métro qui en ont assez et ont décidé d'agir" lance Jean Barcelo, étudiant d'une vingtaine d'années.

"Des dissidents, pas des délinquants"

Crée il y a deux ans par une bande d'amis, ce groupe veut permettre aux gens de "se reposer dans le métro, ils sont fatigués (de la pub, ndlr)" explique Jean-Martin Luc, fringuant retraité et membre fondateur. Depuis le 13 octobre, ils ont appelé les Franciliens à se munir de leurs banderoles, "papillons" et rouleaux de scotch pour recouvrir les affiches. Chaque jour, plus de 15 stations parisiennes seraient concernées. Ils ont lancé une pétition qui compte 1700 signataires et exigent que les affiches ne dépassent pas 50 cm sur 70 cm.

Tous les soirs, sur la place de la Sorbonne (Ve), les personnes intéressées se retrouvent pour discuter de la marche à suivre et faire le bilan de la journée. Chacun peut participer, n'importe où et n'importe quand, avec son kit. Impossible donc de chiffrer le nombre de "reposeurs" et "reposeuses". Mais quid des poursuites judiciaires éventuelles ? "Nous sommes des dissidents, souligne Jean-Martin Luc. Pas des délinquants." Puisqu'ils ne dégradent pas les affiches, ils ne commettent aucun délit.

"Trafiquant de cerveaux"

Inspiré des mouvements de non-violence, les membres n'hésitent pas à placer leur action sous les figures tutélaires de Martin Luther King et Gandhi. On se croirait un peu chez les bisounours, une impression bien vite démentie par Jean-Martin Luc : "Nous ne sommes pas là pour demander les choses gentiment, nous voulons instaurer un rapport de force avec Metrobus". La régie publicitaire de la RATP, contactée par Metro, et restée injoignable hier, est accusée d'être un "trafiquant de cerveaux" par M.Luc.

Tous soulignent qu'ils n'ont rien à voir avec d'autres collectifs antipub, comme les Déboulonneurs, récemment en procès pour avoir détérioré des affiches. Leur action se termine le 26 octobre sans qu'ils sachent vraiment ce qu'ils feront après : "C'était limité dans le temps afin de mobiliser du monde. Pour la suite, on verra" déclare mystérieusement leur leader.