"Moi j'ai envie de m'en sortir, je ne veux pas perdre tout ça". Voici quelques-uns des derniers mots prononcés ce lundi soir par Marc Machin dans l'enceinte de la 23e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Interpellé dans la nuit de jeudi à vendredi rue Championnet dans le 18e arrondissement, Marc Machin était face aux juges ce lundi aux côtés d'un autre homme qu'il avait rencontré au cours de sa détention à la prison de Fresnes (Val-de-Marne). Il était reproché aux deux comparses, d'avoir, le 27 janvier dernier,  commis un vol "avec violence" d'un téléphone portable, téléphone soustrait à un troisième individu rencontré à la maison d'arrêt.

Un différend qui tourne mal

Si l'affaire n'a pu être jugée sur le fond en raison d'un problème de procédure, Marc Machin blanchi en décembre 2012 d'une condamnation pour meurtre, a pu livrer quelques explications sur les faits. " Au cours de mon audition, j'ai reconnu toute ma responsabilité", a-t-il expliqué, disant avoir eu un "différend il y a trois mois" avec la victime. "Je me suis emporté, mais je n'ai rien volé, je ne me serais pas permis", a-t-il précisé"."Après l'acquittement, j'ai envie de m'en sortir, a-t-il ajouté en sanglots. Je ne veux pas perdre tout cela".

Demande de maintien en détention

Placé sous contrôle judiciaire avec son comparse jusqu'au procès le 12 mars prochain, Marc Machin a échappé au maintien en détention provisoire requis. Le procureur avait en effet invoqué quelques minutes plus tôt le "trauma" de la victime" qui n'a pas souhaité venir à l'audience. "J'ai vraiment peur de ces deux personnes. Je ne veux plus les revoir de ma vie, je suis traumatisé" a écrit cet ancien co-détenu qui a eu 7 jours d'ITT et qui a demandé 5.000 euros de dommages et intérêts au titre de préjudice moral et physique.
Me Louis Balling, qui défend Marc Machin depuis des années, a réussi à ce que son client évite un retour à la case prison. "Je suis tellement contrarié d'avoir à revenir dans l'enceinte d'un tribunal pour celui-là (Marc Machin ndlr) seulement quelques semaines après son procès en révision.... Mais il ne peut retrouver les barreaux. Il en a tellement goûté qu'il en a les dents rayées" a rappelé l'avocat en référence aux sept années passées en prison pour un meurtre qu'il n'avait pas commis. .

Aujourd'hui âgé de 30 ans, Marc Machin avait été libéré en octobre 2008 après sept ans en prison.
Disculpé par le véritable auteur du crime et par l'ADN du meurtre de Marie-Agnès Bedot à Neuilly-sur-Seine, commis en décembre 2001, il a été acquitté définitivement le 20 décembre 2012 à l'issue de son procès en révision aux assises de Paris.
En 2009, il avait été interpellé pour trois agressions sexuelles, pour lesquelles il a été condamné en mai 2010 à trois ans de prison.