Marcel fait 1 225 kg. Il mesure environ 1,50 mètre de haut et est recouvert de feuille d'or. Il habite sur les toits de Paris, plus précisément dans la tour Nord de Notre-Dame. C'est l'une des huit nouvelles cloches de la cathédrale, installées en février dernier. Mais Marcel a également été l'invité surprise du procès des Femen de ce vendredi.

Car si neuf des féministes comparaissaient aujourd'hui devant la 10e chambre du tribunal correctionnel de Paris, c'est parce qu'elles l'auraient abîmé, sur 3 centimètres, lors de leur action du 12 février dernier. Les jeunes femmes s'étaient alors introduites dans la cathédrale, topless, et avaient fait sonner les cloches de Marcel, qui était exposé aux fidèles dans la nef, avant de prendre ses quartiers dans la tour. Elles entendaient célébrer à leur manière le départ de Benoît XVI, qui s'était vigoureusement opposé au mariage gay.

Mettre Marcel sous scellé

"Il faut mettre Marcel sous scellé ! s'est indigné à la barre maître Klugman, l'avocat des Femen. Les seules traces de violence évidente, c'est celles qu'elles [les Femen ndlr] ont subies !". Les jeunes femmes avaient en effet été mises dehors manu militari par le service d'ordre. Trois d'entre elles ont écopé de plusieurs jours d'ITT [interruption temporaire de travail, ndlr], l'une d'elle avait eu une dent cassée. L'un des gardiens avait aussi fait un malaise.

"L'intervention a été violente", certaines des prévenues "sont en fait des victimes", a continué maître Klugman. Il a demandé le renvoi du procès, jusqu'à la fin de l'enquête diligentée par le parquet sur ces faits de violences.

De nouvelles actions "encore et encore"

Mais du côté de l'accusation, on s'étrangle : "Mettre Marcel sous scellé signifierait qu'il ne pourrait plus effectuer sa tâche, sonner les offices quotidiennes de Notre Dame ! a dénoncé de son côté maître Devolvé, l'avocat de Notre-Dame de Paris. Vous porteriez une atteinte caractérisée à la liberté religieuse !" Il assure avoir versé au dossier un devis de réparation de 7 176 euros, suite à l'action des Femen.

Après 20 minutes de délibéré, le tribunal a finalement décidé de renvoyer l'audience au 19 février prochain, en attendant les conclusions de l'enquête. À la sortie du bâtiment, Inna, la leader du mouvement a prévenu, en levant le poing : "Les "Femen ne s'excuseront pas, les Femen ne regretteront pas". Elle a promis de nouvelles actions visant l'Eglise, "encore et encore". Mais Marcel peut quant à lui être tranquille : le tribunal n'a pas décidé de sa mise sous scellé. Il pourra continuer à sonner.