"Ce n'était pas une simple bousculade". Pour Caroline Fourest, les incidents qui ont émaillé la manifestation organisée par l'institut Civitas contre le mariage homosexuel relevaient plutôt du tabassage en règle.

Dimanche après-midi, 14h30, près de 9.000 catholiques se retrouvent autour de la station Ecole Militaire pour défiler contre le projet de loi sur le mariage pour tous. Neuf jeunes militantes des Femen, ce groupe de féministes connues pour leurs actions topless et radicales, suivies par la documentaliste Caroline Fourest à la caméra, débarquent au milieu du cortège, déguisées en nonnes. Elles retirent leurs hauts devant les manifestants et commencent à crier "In Gay we trust" et aspergent le cortège à l'aide d'extincteurs domestiques sur lesquels elles ont inscrit "Jesus Sperm" ou "holly sperm".

"On m'a tapé la tête contre un capot de voiture"

C'est là que les choses dégénèrent. Selon les jeunes femmes et plusieurs journalistes présents sur place, elles sont prises à parti et pourchassées par le service d'ordre de Civitas et par certains manifestants. "C'était le chaos, raconte Eloïse, encore sous le choc. On m'a tapé la tête contre un capot de voiture". Elle a aujourd'hui un torticolis, le dos bloqué et une ecchymose sur le visage. "Mon amie Inna a eu une dent cassée à cause d'un coup de poing. Une autre a reçu un coup de tête et a la lèvre fendue". Toutes les jeunes femmes affirment avoir été pourchassées "et aucun manifestant ne nous a prêté main forte", affirme Eloïse.

Sur son blog, Caroline Fourest, essayiste et journaliste témoigne elle aussi de la violence de la scène."Voyant mon appareil (mais sans me reconnaître dans un premier temps), ils m’ont jetée au sol. Ma tête a violemment heurté le bitume quand j’ai senti les coups de pieds pleuvoir, sur tout mon corps. Je me suis relevée. L’un des agresseurs a arraché mon bonnet et ils m’ont reconnu. Je leur ai tenu tête. Ils ont hurlé mon nom en menaçant : 'cours sale pute'. Avant  de me pourchasser pour me tabasser une seconde fois. A coups de poings dans le dos, il m’ont fait tomber au sol, reprise des coups de pieds. Je me suis relevée. D’autres ont repris la chasse à coup de poing dans le dos et dans la tête. Jusqu’à ce qu’une voiture de police arrive et que je sois hors de portée".

"C'est leur action qui était violente !"

Chez les manifestants présents, on fustige surtout l'action des jeunes femmes, qui n'étais pas autorisée par la préfecture de police. "Nous sommes venus pour manifester pacifiquement", raconte Philippe, un père de famille présent au moment des débordements. "Bien sûr que je condamne les violences. Mais leur action aussi était agressive. Ça a choqué de nombreux croyants", continue ce catholique, venu d'Orléans pour l'occasion. Il n'a pas vu les agressions. "Mais mes enfants étaient très choqués, il y avait de la poudre plein les poussettes", affirme-t-il.

Caroline Fourest a porté plainte. Plusieurs militantes des Femen envisagent de faire de-même. Contacté par la rédaction, Alain Escada, le président de Civitas ainsi que le président du GUD, un groupuscule d'extrême droite, étaient ce matin injoignables.