Et si cette fois c'était la bonne ? Ce n'est pas la première fois que Jean-Louis Borloo songe à la Mairie de Paris. Déjà, en 2001 et 2008, le nom du nouveau président de l'UDI avait été évoqué avant que celui-ci ne jette l'éponge. Et pour 2014, alors que l'hypothèse Fillon paraît s'éloigner, de plus en plus d'élus appellent à une candidature de Jean-Louis Borloo.

Un appel des députés UMP ?

Dans les rangs de l'UMP, certains estiment que c'est le meilleur candidat pour représenter la droite. Pour Pierre Charon, sénateur UMP de Paris, les choses sont claires : "Il peut fédérer tout le monde", déclarait-il sur France Info hier. L'élu affirme même vouloir lancer, en compagnie "de nombreux élus parisiens", un appel à l'ex-ministre, une fois les élections pour la présidence de l'UMP passées. Même son de cloche pour Jean-François Legaret, patron de l'UMP au Conseil de Paris, qui déclarait récemment au Parisien : "Si Fillon ne vient pas, Borloo est le deuxième meilleur candidat sur la liste."

C'est Claude Goasguen, le maire du XVIe arrondissement qui avait réactivé l'hypothèse Borloo à la fin de l'été, en estimant que son profil était plus "compatible" avec la sociologie électorale parisienne. Jean-Louis Borloo, ancien numéro 2 du gouvernement Fillon, a en effet une image plus "sociale", qui pourrait, selon les élus, ramener à lui des voix "bobos" plus hermétiques à un discours de droite dure.

Une "manipulation" de certains élus

Du côté du principal intéressé, on laisse courir la rumeur sans pour autant l'infirmer. Il y a une semaine, interrogé sur ses ambitions, Jean-Louis Borloo a précisé que son intuition sera confirmée "dans deux mois, trois mois", tout en cadrant les limites de son engagement : "Pour moi l'UDI, c'est très important. Il ne s'agit pas de l'aventure d'un homme à Paris, il s'agit d'un mouvement politique global." Il a cependant dévoilé un peu de sa vision pour la capitale : "Je pense effectivement que Paris est resté sur son périphérique, qu'il faut une communauté urbaine. Bon, c'était une 'une sleeping beauty' (une belle endormie) avec sa plage... mais on peut franchement faire mieux."

Mais pour certains élus, comme le député UDI Yves Jégo, cet engouement des députés UMP relève avant tout de la manipulation. "Il n'est candidat à rien et aujourd'hui son seul souci c'est de bâtir l'UDI et de réussir son pari. Le reste ce sont des élucubrations, des montages, des manipulations, des jeux de rôle", a déclaré à l'AFP le député de Seine-et-Marne.

Un ticket Borloo-Jouanno ?

A l'UDI, il n'y a pas que le nom de Borloo qui circule pour les municipales de 2014. Chantal Jouanno, recrue surprise de dimanche dernier et transfuge de l'UMP avait déjà déclaré son intérêt pour la capitale. Son ralliement pourrait augurer un ticket Borloo-Jouanno, même si l'intéressée refuse de commenter. "Ce n'est pas un calcul politique de ma part. C'est prématuré de parler des municipales. On n'en a pas discuté. Rien n'est fermé, mais rien n'est ouvert non plus", a-t-elle simplement déclaré.

Chacun avance donc ses pions pour les municipales. Pierre Lellouche, Rachida Dati ou Bernard Debré ont déjà fait part de leur intérêt pour des primaires à droite. A gauche, Anne Hidalgo a lancé sa candidature début septembre, solidement soutenue par Bertrand Delanoë. Jean-Marie Le Guen s'est lui prononcé pour "un débat public" sur le sujet.