Êtes-vous favorable au travail le dimanche ?
Je ne veux pas le généraliser, mais l'étendre, en créant de nouvelles zones d'ouverture [il y a 7 zones actuellement à Paris ndlr] : sur les Grand Boulevards, les grands magasins, à Bercy Village et au niveau du Palais des Congrès. Les salariés veulent travailler, les entreprises réalisent au moins 20 % de leur chiffre d’affaires hebdomadaire ce jour-là. Rendez-vous compte que les tour-opérateurs organisent l'exode des touristes le dimanche à Londres pour qu'ils fassent leur shopping ! Il faut conserver cette manne économique dans la capitale. Par ailleurs, ouvrir le dimanche permettrait de créer au moins 10.000 emplois supplémentaires.

Ouvrir le dimanche, ce n'est pas favoriser les grandes enseignes au détriment des petits commerçants ?
C'est un problème si les petits commerçants ne peuvent pas ouvrir. Mais dans un quartier qui bénéficie d'une vraie manne touristique, l'ouverture bénéficie à tout le monde ! Il faut également monter un plan de protection des petits commerces par arrondissement, pour préserver certains quartiers de la mono-activité, comme cela a pu se passer à Montgallet ou boulevard Voltaire.

Vous voulez axer votre programme sur l'attractivité économique. Comment comptez-vous faire venir les entrepreneurs dans la capitale ?
Je veux créer une nouvelle cité universitaire, sur la rive droite. Faire gagner Paris, c'est également attirer les meilleurs étudiants étrangers qui veulent créer leurs entreprises dans la capitale. C'est pourquoi, la Ville appuiera officiellement leur demande de visa. Je pense aussi que la première responsabilité du maire est de porter le message "Paris, ville de la réussite", d'être la vitrine du dynamisme économique, en se déplaçant, comme le fait régulièrement le maire de Londres Boris Johnson, avec des jeunes entrepreneurs.

Comment aider les entreprises déjà existantes dans la capitale ?
À Paris, 76 % des entreprises parisiennes sont des petites ou très petites entreprises. Aujourd'hui, elles sont largement exclues des commandes publiques de la ville, à cause de la complexité des procédures. Pourquoi ne pas créer une équipe dédiée pour les aider à répondre à ces appels d’offres ? Il faut également investir : la ville doit pouvoir venir doubler les investissements des "business angels"[particuliers qui investissent dans une entreprise innovante ndlr], à partir d'un fonds dédié. La ville n'aide les entrepreneurs ni en termes d'images, ni en termes de commande publique !

Bertrand Delanoë ne vous a-t-il pas coupé l'herbe sous le pied en présentant le projet de la Halle Freyssinet, un méga incubateur pour les start-up ?
Mais c'est le projet de Xavier Niel, pas de la Ville de Paris ! Je constate qu'il est d'ailleurs contraire à la politique d'essaimage que mène la ville en installant des incubateurs partout à travers la ville.

Que pensez-vous des propositions d'Anne Hidalgo, qu'elle a présentées lundi ?
Ce que je vois surtout, c'est que depuis trois semaines, Anne Hidalgo s'est ralliée à deux de mes propositions : sur la fiscalité et sur les Roms. Ça s'appelle de la résignation. Alors que je viens de prendre des engagements très concrets sur le travail du dimanche, est-ce qu'elle va s'engager à faire le contraire de ce que la ville fait depuis 12 ans ? Elle s'est engagée sur la voie de la repentance, ira-t-elle jusqu'à la conversion ?