C'est à l'aube hier, entre 5h45 et 6h du matin, que deux policiers de la BAC 75 âgés de 32 et 40 ans ont trouvé la mort, lors d'une course-poursuite avec un 4x4. Un troisième policier de 54 ans a été grièvement blessé dans l'accident qui s'est produit sur le périphérique intérieur, entre la porte de Clignancourt et la porte de la Chapelle (18e arrondissement). Une tragédie à laquelle le président de la République a immédiatement réagi. François Hollande a exprimé sa "profonde émotion" et tenu à "rappeler aux forces de l’ordre le soutien et la gratitude de la Nation".

Selon les premiers éléments de l'enquête, le 4x4, occupé par deux hommes, avait été pris en chasse au niveau de la porte Maillot en raison de multiples infractions au code de la route (non respect des feux de circulation, slalom sur les voies, excès de vitesse...). Roulant à vive allure sur le périphérique, le véhicule a semé cette première équipe de la brigade anti-criminalité avant de percuter, dans des circonstances qui restent à déterminer, une autre voiture de la BAC qui avait été alertée. "Aucune trace de freinage n'a été décelée sur le lieu de l'accident (...) Il a refusé d'obtempérer aux sommations des policiers lui ordonnant de s'arrêter, a détaillé François Molins, procureur de Paris. Il a délibérément percuté le véhicule qui le précédait" a-t-il ajouté.

Le chauffard déjà condamné

Deux individus âgées de 22 ans et 21 ans ont été interpellés. Placés en garde-à-vue, ils sont actuellement entendus par la police. L'homme qui conduisait le 4x4, était en état d'ébriété et n'avait pas de permis de conduite. Agé de 22 ans, connu des services de police pour trafic de stupéfiants et conduite en état d'ivresse, le chauffard a été placé en garde à vue pour "homicide involontaire sur personne dépositaire de l'autorité publique", a précisé une source judiciaire. Il aurait à ce jour vingt inscriptions à son casier judiciaire et aurait été condamné à six reprises pour des délits routiers, dont cinq fois pour conduite sans permis, et pour conduite en état d'ivresse.
Au moment de l'interpellation, le taux d'alcoolémie du conducteur était de 1,4 gramme d'alcool par litre de sang (limite 0,5 gramme/litre de sang). Celui du passager, âgé de 21 ans, de 1,6 gramme/litre de sang. Le chauffard roulait à 150km/h.

Tous pères de famille

Les deux fonctionnaires, Cyrille Genest, 40 ans, et son coéquipier Boris Voelkel, 32 ans, étaient pères de famille, chacun avait deux enfants.
Leur collègue, grièvement blessé, a été conduit en urgence à l'hôpital Beaujon à Clichy dans les Hauts-de-Seine. Également père de deux enfants, il se trouverait actuellement entre la vie et la mort.
De nombreux moyens ont été mobilisés pour venir au secours des policiers. Le Samu, les renforts de police et 45 sapeurs-pompiers, ont été très vite dépêchés sur place pour entre autres extraire les corps de la Ford Mondéo à bord de laquelle circulaient les deux officiers de la BAC qui ont perdu la vie.

Soutien aux collègues sous le choc

"Deux policiers sont morts à cause de ces chauffards et je ne doute pas un seul instant que la justice sera sévère, impitoyable à l'égard de ces comportements", a déclaré jeudi Manuel Valls. "Une nouvelle fois, des fonctionnaires de police sont victimes de ces comportements. (…) Moi, comme ministre de l'Intérieur, à chaque fois que je suis confronté à ce type de drame, je ne peux pas en accepter les faits et encore moins les banaliser", a-t-il continué. Dans un communiqué, le maire de Paris a adressé ses condoléances aux familles des deux policiers et à leurs camarades. "En mettant en jeu leur propre vie pour protéger les Parisiens, ces deux fonctionnaires de police ainsi que leur collègue blessé ont fait honneur à leur institution ainsi qu’à leur pays" a ajouté Bertrand Delanoë. 

L'enquête a été confiée à la brigade criminelle de la police judiciaire parisienne. Une autre concerne la société de location, ouverte suite à un contrôle effectué en 2012 sur un véhicule de luxe "loué dans des conditions où il nous semblait que le conducteur n'avait pas les moyens officiels de louer ce type de véhicule", a précisé Christian Flaesch.