Le jugement est passé totalement inaperçu. En décembre 2011, Roxane Decorte, conseillère UMP du XVIIIe arrondissement et tête de liste aux législatives de 2012, a été condamnée à quatre mois de prison avec sursis et 6.000 euros d'amende (dont 3.000 ferme) pour abus de confiance, révèle le Canard Enchaîné de mercredi.

Elle a été condamnée pour avoir détourné "plusieurs dizaines de milliers d'euros de la caisse d'ARA18, une association d'aide au maintien à domicile des personnes âgées du XVIIIe, dont elle était la présidente", précise l'hebdomadaire. La raison du "silence" autour de cette condamnation : la procédure choisie par l'élue, nommée "comparution sur reconnaissance de culpabilité" créée pour accélérer les jugements et désengorger la justice.

Entendue par la brigade financière fin 2010

Fin 2010, la chef de file de la droite du XVIIIe avait été entendue par la brigade financière après un signalement de Tracfin, cellule du ministère des Finances, sur des mouvements d'argent suspects de l'association. Les enquêteurs soupçonnaient l'élue d'avoir profité de ses fonctions à la tête de l'association pour détourner plusieurs dizaines de milliers d'euros. La carte bancaire de l'association avait notamment servi à des achats personnels et des chèques adressés à l'association auraient été encaissés directement sur son compte.

Pour le président du groupe communiste au conseil de Paris, Ian Brossat, l'élue doit démissionner. "Il est invraisemblable que Madame Decorte continue à siéger sur les bancs du conseil de Paris. L'honneur commande qu'elle tire les conséquences de cette condamnation en démissionnant de ses mandats." Selon l'élu communiste, "l'UMP a réclamé la démission de la conseillère du XIIIe arrondissement, Florence Lamblin (poursuivie dans une affaire de blanchiment d'argent et de trafic de drogue, NDLR), alors que celle-ci n'est pas encore jugée. Roxane Decorte, elle, a été candidate aux législatives alors qu'elle avait déjà été condamnée six mois plus tôt."

Pas de réaction à l'UMP

Jean-François Martins, conseiller Modem de Paris, a également appelé Roxane Decorte à la démission au nom de "l'exemplarité". "Dans les temps de crise que nous vivons actuellement, les Parisiens ont plus que jamais besoin d'avoir confiance dans leurs élus", a estimé l'élu.

Sollicitée, Roxane Decorte n'a pas pu être jointe mercredi. Dans un communiqué cité par l'AFP, elle explique avoir remplacé pendant plusieurs années le directeur général de l'association et avoir été rémunérée pour cela, sans que cette fonction n'ait été actée officiellement. Selon son entourage, l'élue du XVIIIe arrondissement a remboursé la totalité des 25.000 euros dont on lui reprochait le détournement.

"A ce stade, je n'ai pas de commentaire à faire", a indiqué pour sa part à Metro Jean-Baptiste Menguy, porte-parole du groupe UMP de Paris.