SOCIÉTÉ – Mourir moins cher sans sacrifier la qualité. Voilà le credo des Services funéraires de la Ville de Paris qui lancent, le 2 juillet, une offre exclusivement Internet et low cost à 789 euros, contre près de 3.000 euros en moyenne pour un devis classique. Le site baptisé www.revolution-obseques.fr sera, comme son nom l'indique, une première en France. L'offre porte sur le transport du défunt jusqu'au cimetière ou au crématorium.
"Le discount existe déjà, précise le directeur général des Services funéraires, François Michaud-Nérard. Jusqu'ici notre formule la moins chère à 1.184 euros prévoyait le convoi jusqu'à la crémation, mais elle restait au ras des pâquerettes. Là, il ne s'agit pas d'une offre au rabais. Nous réduisons la prestation de base au strict minimum, à ce que la loi impose." Soit le cercueil, le corbillard avec chauffeur, le transport du lieu de mise en bière au cimetière.
La famille porte le cercueil
Les proches du défunt devront consentir à quelques sacrifices. A commencer par le cercueil : un austère modèle en pin massif écolo "issu de forêts françaises durablement gérées", avec capiton en coton écru. "Ce n'est pas le cercueil de base !" précise le directeur général. La famille devra régler elle-même les démarches administratives (200 euros) et… porter elle-même le cercueil avec le chef de convoi. Sans quoi elle paiera des options, en complément des 789 euros.
"L'inscription se fait en ligne exclusivement, détaille Marinette Bache, conseillère de Paris et présidente des Services funéraires. L'offre ne couvre que Paris et la petite couronne et fonctionne avec une liste d'établissements hospitaliers détaillée en ligne." Sitôt le formulaire rempli, le demandeur reçoit un devis à télécharger.
Une clientèle préférant la discrétion
Comme les compagnies aériennes low cost, les services funéraires low cost ne s'adressent pas spécialement à une clientèle démunie. "Il ne faut pas les confondre avec les convois sociaux, précise François Michaud-Nérard. Là, on s'adresse à des gens qui prennent un peu de distance ou veulent éviter une grosse cérémonie. Ceux qui ressentent trop de peine ou qui sont en difficulté sociale ont toujours besoin de contact humain."
Les 789 euros n'empêchent pas les frais annexes, plutôt conséquents. Outre la concession au cimetière (206 à 13.000 euros à Paris) et l'éventuelle crémation (700 euros en moyenne), il faut compter les soins lorsqu'ils ne sont pas offerts par l'hôpital (160 euros), la redevance d'inhumation de la commune (170 euros à Paris) et la taxe municipale d'une trentaine d'euros.
Les Services funéraires, qui gèrent 16.000 décès par an à Paris et 40.000 en Ile-de-France, misent pour l'instant sur une moyenne de 500 demandes par an pour la nouvelle offre low cost.
















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