Dès fin décembre, Charles Beigbeder avait prévenu : "Ça sera le bordel total." Depuis, il a passé la trêve de Noël pendu au téléphone. Objectif : réunir les "citoyens de droite et du centre" autour d'un projet alternatif à celui de la candidate UMP pour la mairie de Paris Nathalie Kosciusko-Morizet. C'est chose faite. Il lancera sa liste "Paris libéré" mardi prochain au café Marguerite, face à l'Hôtel-de-Ville. "La marguerite va d'ailleurs devenir notre emblème", confirme l'homme d'affaires.

Charles Beigbeder a pris sa décision après avoir appris qu'il était écarté des listes du 8e arrondissement. Autour de lui, quatre autres "déçus" du parti de Jean-François Copé : Serge Federbusch (10e), Géraldine Poirault-Gauvin (15e) et Benjamin Gros (17e). "Nous ne sommes pas des candidatures de déception, mais d'ambition, objecte Géraldine Poirault-Gauvin. Nous avons un vrai projet pour Paris que NKM n'a pas voulu écouter."

"Des candidats dans tous les arrondissements"

S'ils ne sont pour l'instant qu'une poignée, Charles Beigbeder assure qu'ils seront plus nombreux : "Nous sommes dans des discussions très avancées avec une dizaine d'autres candidats. Dès mardi, la moitié des arrondissements seront représentés." Parmi eux, "des membres de l'UMP, mais aussi de l'UDI et du Modem". Marie-Claire Carrère-Gée, opposée à NKM dans le 14e, David Alphand dans le 16e ou Jacky Majda (centriste), dans le 3e, font partie des noms avancés. Après l'annonce de sa liste dissidente dans le 18e, Roxane Decorte, a reçu un coup de fil "le soir même". "Mais je n'ai pas encore pris ma décision, explique-t-elle. Mon projet, c'est avant tout le 18e."

Dans le 5e, Dominique Tiberi a pour l'instant refusé d'intégrer l'équipe. "S'il ne nous rejoint pas, nous ne présenterons personne. Nous ne voulons pas courir le risque de faire perdre l'arrondissement à la droite", indique Charles Beigbeder.

Face à cette menace, l'équipe de NKM continue de dénoncer des "dissidences d'ego, pas de programme". "Il faut être à la hauteur des enjeux et mettre fin aux querelles parisiennes qui ont miné nos campagnes depuis plus de quinze ans", avait notamment réclamé le porte-parole de la candidate, Pierre-Yves Bournazel. Un mot d'ordre que le frère de l'écrivain ne semble pas prêt à suivre. "Nous aurons des listes partout", assure-t-il.