Plus de 24 heures après sa violente agression à la bombe lacrymogène, Alexandre Marcel ressent toujours des brûlures aux yeux. Samedi matin, vers 2 heures, ce militant, vice-président du comité anti-homophobie Idaho, a reçu du gaz lacrymogène au poivre en plein visage dans la discothèque gay le Cud, rue des Haudriettes (IIIe arrondissement). "L'agresseur m'a dit : 'ça t'apprendra à appeler la police espèce de pédé'. C'était violent. Après, je n'ai plus rien vu pendant dix minutes."

La scène a débuté quelques instants plus tôt devant le club du Marais. Selon la victime, cinq individus se seraient présentés devant les videurs et les auraient frappés en disant vouloir "punir les pédés au nom du Coran". "Nous étions en train de fumer à l'extérieur. On nous a dit de rentrer dans la discothèque. J'ai vu un videur en sang, il m'a demandé d'appeler la police", raconte Alexandre Marcel.

A l'intérieur, le militant compose le 17. C'est à ce moment que l'un des agresseurs se lance vers lui, à l'intérieur du club, et l'asperge de gaz lacrymogène, arrosant également la foule présente.

Plainte déposée, suspects en fuite

"La police est arrivée un quart d'heure après, précise la victime. Les agresseurs avaient pris la fuite. Quand je suis sorti, les videurs m'ont affirmé qu'ils ne voulaient pas porter plainte. Vous imaginez ? Etre agressé dans un club du Marais et ne pas porter plainte ?" Par la suite, Alexandre Marcel a déposé plainte au commissariat du IIIe.

Contactée, la préfecture de police a indiqué dimanche matin que les forces de l'ordre n'avaient procédé à aucune interpellation après la fuite des agresseurs. "Si les faits sont avérés, je les condamne totalement", a assuré de son côté le maire du IIIe, Pierre Aidenbaum.

Selon Louis-Georges Tin, président du comité Idaho, les agressions homophobes "sont plus fréquentes qu'il n'y paraît dans le Marais. Au contraire, le Marais peut attirer les homophobes. Et les plaintes restent encore trop rares."