Des chiffres à manipuler avec précaution, mais pour le moins spectaculaires. Selon une synthèse réalisée par la société de "big data" Inrix que metronews a pu se procurer, la décision de réduire la vitesse de 80 à 70 km/h sur le périphérique en janvier dernier a eu des répercussions bien plus fortes sur le trafic qu'on ne l'eût imaginé.

Cette synthèse, qui utilise les données "anonymes" transmises par des millions de GPS d'automobilistes sur le périphérique, a comparé deux périodes : du 10 janvier au 10 juin 2013, et du 10 janvier au 10 juin 2014. Entre ces deux périodes identiques de l'année, les bouchons - soit une trafic à moins de 40 km/h - ont diminué de 36 %. Cela donne, en moyenne, 66 minutes passées à rouler à moins de 40 km/h durant une journée sur le périphérique en 2014, contre 104 minutes l'an dernier. L'écart moyen le plus spectaculaire a été enregistré au mois d'avril, avec 63 minutes à faible vitesse cette année contre près du double un an auparavant.

"Trafic fluidifié"

Pour Chris Lambert, expert chez Inrix, ce résultat surprenant - pour un écart de vitesse de seulement 10 km/h - "peut s'expliquer par un trafic fluidifié, avec une vitesse plus régulière qui entraîne mécaniquement une réduction de l'effet accordéon". Les points de congestion seraient en conséquence "moins nombreux".

Malgré la fiabilité des instruments de mesure, la prudence est de mise. La société spécialisée dans l'info trafic indique à metronews que l'étude n'est "pas pondérée par des facteurs exogènes" comme les jours de grèves, les accidents ou encore la mesure de circulation alternée mise en place durant une journée en mars pour lutter contre la pollution.

1,3 million d'automobilistes par jour

En outre, on sait que, comme dans les transports en commun, le contexte socio-économique peut induire à la marge des hausses ou des baisses du trafic. En moyenne, pas moins de 1,3 million d'automobilistes fréquentent chaque jour le boulevard périphérique.

Il n'empêche : l'ampleur de l'écart peut constituer un premier enseignement avant des études plus poussées sur le trafic autour de Paris et d'hypothétiques effets attendus sur la pollution. Jusqu'ici, les seules améliorations concrètes qui ont été mesurées se résument à une légère diminution des nuisances sonores. Et, pour les finances de la Ville, une envolée des infractions constatées par les radars.