HOMMAGE - Ils s'appelaient James, Mustapha, Cédric, Lucien... d'autres sont décédés dans l'anonymat. Depuis le début de l'année, au moins 122 personnes sans domicile fixe sont mortes dans les rues de la région parisienne. Le collectif Les Morts de la rue leur rend hommage mardi, place Léon Blum (XIe) à 19 heures. La longue liste de leurs noms, sera égrenée à cette occasion. “Ces décès sont appris par différentes sources : associations, institutions, particuliers, médias”, mais “la liste n’est pas exhaustive”, ajoute le faire-part de décès publié par le collectif.
Des noms, parfois juste un surnom
Dans cette liste, majoritairement masculine, certaines personnes sont identifiées avec leurs nom et prénom, leur âge, la date et le lieu du décès. Mais pour d’autres, les renseignements sont succincts car le collectif ne dispose que d’un prénom (Teddy, Max, Christophe, Helmut, etc.) ou d’un surnom ("Caillou”, “Mohamed dit Momo”, “Gilles le peintre"). Enfin, plusieurs sont uniquement identifiés comme “un homme, le 29 juin, dans un entrepôt de la gare de Melun”. La liste évoque également “une petite fille, née et morte le 1er novembre” à Paris. Sa mère SDF avait accouché dans la rue, provoquant l’indignation d’élus de gauche et d’associations qui avaient dénoncé les problèmes de l’hébergement d’urgence.
La violence première cause de mortalité
Avec cette cérémonie, au cours de laquelle “des masques blancs barrés de noir” seront déposés pour symboliser ces personnes “qui n’ont plus la parole”, le collectif souhaite rappeler “que la vie à la rue tue”, précise Christophe Louis, président du collectif. Et contrairement des idées reçus ce n'est pas le froid qui tue le plus dans la capitale, mais la violence. “Nous dénonçons la chasse aux pauvres qui est développée dans les discours”, ajoute-t-il, insistant sur “la responsabilité collective en matière de lutte contre la pauvreté. Chacun doit prendre sa part, l’Etat, les collectivités, les associations et les citoyens. Depuis le début de l'année, en France, ce sont 329 personnes sans domicile fixe qui ont perdu la vie. En 2010, près de 170 sans abris de la région parisienne étaient décédés.















.jpg)

