Il y a les ardents défenseurs des "cadenas d'amour", et ceux qui ne les supportent plus. Selon Le Parisien, une pétition lancée sur le site Nolovelocks.com par deux Parisiennes d'adoption - dont une Franco-Américaine - a déjà réuni près de 3.000 signatures. Dans une lettre ouverte publiée le 12 mars dernier à l'attention des candidats à la mairie de Paris, les pétitionnaires expliquent que ces fameux cadenas accrochés par les amoureux aux rambardes du Pont des Arts (6e arrondissement) "posent des problèmes de sécurité des biens et des personnes, enlaidissent ces ponts et leur environnement, et génèrent des graffitis et autres actes de vandalisme".

Elles expliquent aussi que ce phénomène apparu en 2008 à Paris s'est désormais étendu à cinq nouveaux ponts, dont celui de l'Archevêché, faute de place sur le Pont des Arts. Au point de générer un marché parallèle à proximité, avec "des cadenas spéciaux à partir de 3 euros pièce" à faire graver. "Il n'y a plus rien de romantique dans ces masses de cadenas rouillés", estiment les jeunes femmes qui les chiffrent aujourd'hui à "plusieurs centaines de milliers".

Solutions alternatives

L'embarras des autorités sur ce sujet ne date pas d'hier. Durant l'été dernier, la Ville de Paris s'était inquiétée des conséquences de l'accumulation des cadenas sur les grilles de la passerelle, "parfois endommagées", qui doivent pour certaines être remplacées en raison de leur déformation. Elle citait l'exemple du Ponte Milvio à Rome, où un lampadaire s'est écroulé sous le poids des cadenas, entraînant l'interdiction pure et simple de la pratique.

Parmi les solutions envisagées, la mairie envisageait notamment de créer des "arbres métalliques" ou des structures dédiées pour accueillir la pratique. Autre solution, moins polluante : sceller un cadenas d'amour virtuel. Pas sûr que ces formules séduisent les amoureux de la capitale de l'amour.