Le local du 87 rue du Mont-Cenis est bien connu des militants UMP du 18e arrondissement. Il sert de permanence et de salle de réunion pour leurs actions. Mais depuis le début du mois de janvier, et le lancement de la campagne de la primaire, qui doit désigner un candidat pour l'UMP pour la mairie de Paris, ils ont vu la façade du lieu être recouverte d'un grand portrait. Celui de Pierre-Yves Bournazel, conseiller du 18e arrondissement, et surtout l'un des cinq candidats à la primaire. 

Une situation qui déplaît à certains militants. "Si je veux me rendre à la permanence de l'UMP pour quelque raison que ce soit, je suis obligé de passer par le QG du candidat Bournazel. Où est l'égalité de traitement des candidats aux primaires ?", s'interroge Pierre Liscia, responsable des jeunes UMP du 18e. Le jeune homme, qui soutient Nathalie Kosciusko-Morizet a saisi la semaine dernière le Conseil supérieur des primaires. "La fédération UMP de Paris n'a pas à financer le local d'un candidat", objecte-t-il.

Bournazel paie un loyer chaque mois

Selon lui, Pierre-Yves Bournazel enfreint l'article 3 de la charte encadrant l'élection, qui stipule que "les candidats ne pourront pas utiliser pour faire campagne les moyens de l’Assemblée nationale et du Sénat, du Parlement européen, de la Mairie de Paris, des mairies d’arrondissement, des groupes politiques, ni du siège de l’UMP et de la fédération de Paris". Les autres candidats se sont tous installés dans un QG distinct. Franck Margain et Jean-François Legaret ont par exemple pris leurs quartiers dans le 12e arrondissement. Nathalie Kosciusko-Morizet s'est installée dans les locaux de son mouvement La France Droite, dans le 2e.

Des accusations que rejette en bloc Pierre-Yves Bournazel. "Je paie chaque mois un loyer à l'UMP, ainsi que l'eau, le téléphone et l'électricité", rétorque le candidat. La permanence coûte 1560 euros au parti chaque mois. Le candidat verse 560 euros de participation. "À la fin de l'année, on m'a même remboursé 500 euros parce que je payais trop !" s'étonne-t-il. Pourquoi n'avoir pas choisi de s'installer dans un local différent ? "Mais tout simplement parce que je n'en ai pas les moyens. Je ne vais pas partir d'un endroit dont je paie le loyer" se défend l'intéressé. Ces accusations sont des manœuvres de caniveau. Elles ressortent alors même que ma candidature monte en puissance. Ces techniques d'intimidations ne m'impressionnent pas."

Une polémique qui intervient alors que la légitimité de la primaire, dont le premier tour va avoir lieu à la fin du mois, est encore une fois remise en cause. Selon Le Monde daté de ce mardi, seules 3000 personnes se sont pour le moment inscrites pour le scrutin. Pour rentabiliser son élection, l'UMP a besoin de 50.000 participants.