Acupuncture, massages, "pratiques psycho-corporelles" comme le Qi Gong… Il y a encore quelques années, la présence de la médecine traditionnelle chinoise à l'hôpital aurait fait sourire. Voire, suscité l'indignation de certains soignants. Mais depuis deux ans, la mode des "médecines douces" ou "complémentaires" envahit les hôpitaux publics. Après deux ans d'études sur le sujet, l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a signé mercredi un accord avec le ministère chinois de la Santé.

"Il s'agit de développer des protocoles de recherche clinique bilatéraux, explique le docteur Catherine Viens-Bitker, directrice du projet. L'idée est que les médecins français puissent aller se former en Chine dans un cadre bien répertorié. L'an dernier, nous avons déjà reçu à la Pitié-Salpêtrière trois médecins chinois."

Des pratiques qui se répandent

De fait, nombre de soignants n'ont pas attendu pour faire entrer les médecines douces dans leurs services, d'autant que les patients y ont massivement recours hors de l'AP-HP. Quinze types de soins complémentaires, dont l'acupuncture, l'hypnose, le "toucher relationnel" ou l'ostéopathie ont été identifiés au sein de l'hôpital public dans un rapport publié en mai dernier. Aujourd'hui, 46 praticiens attachés à l'AP-HP ont déjà une activité exclusive en médecine complémentaire, selon l'AP-HP. En outre, 23 praticiens titulaires exercent cette activité en plus de leur activité classique.

"L'acupuncture est proposée depuis longtemps, indique Catherine Viens-Bitker. On compte seize consultations dans nos hôpitaux. Les médecines complémentaires sont particulièrement utilisées pour les malades chroniques, pour gérer les effets secondaires des traitements contre le cancer, dans le domaine des addictions ou encore de la grossesse." Depuis 2010, l'AP-HP s'évertue donc à faire l'inventaire de ces pratiques nées sur le tard et cherche à les encadrer.

Un centre dédié à la Pitié-Salpêtrière

Signe des temps, l'AP-HP a créé début 2011, au sein de la Pitié-Salpêtrière, un "centre intégré" de médecine chinoise. Selon le rapport de mai 2012, neuf études consacrées aux médecines douces ont déjà été financées au sein des hôpitaux parisiens. La signature de l'accord avec la Chine devrait encore doper ces activités de recherche chez les soignants français.