Quatre ans de prison, dont trois ferme : c'est ce qu'a requis le parquet vendredi 26 avril à l'encontre de l'homme jugé pour une violente agression, à Paris en septembre 2010. La qualification d'acte à caractère raciste a été retenue sur la foi d'affirmations de témoins, évoquant avoir entendu les agresseurs traiter la victime de "sale blanc". "Je ne vois pas pourquoi aujourd'hui, parce que les propos sont de traiter un blanc de sale Français, il ne faudrait pas faire application de la loi", a indiqué la représentante du ministère public.

Le suspect réfute les insultes racistes

Si le prévenu a admis l'agression physique, il nie avoir proféré des insultes racistes. Il est accusé d'avoir agressé, avec deux autres personnes, un homme qui a refusé de leur donner une cigarette, sur le quai d'un train de banlieue à la station Gare du Nord à Paris (10e). 

La victime aurait été tabassée et reçu des coups de tesson de bouteille. Ses blessures ont entraîné une interruption temporaire de travail (ITT) supérieure à dix jours. C'est en prenant la fuite que les agresseurs l'auraient traité de "sale blanc" et de "sale Français", selon plusieurs témoins. Certains affirment que ces propos ont été tenus par l'un des co-agresseurs mais pas par le prévenu. Les deux autres personnes mises en cause n'ont jamais été identifiées.

La Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra), qui s'est portée partie civile, a qualifié le racisme contre les Blancs de "phénomène marginal". Le jugement a été mis en délibéré au 21 juin.