"Au métisse qui m'a abordé y'a bien longtemps à Havre Caumartin, si tu veux discuter autour d'un café je suis la. Ps : desole mais j'était VRAIMENT en retard. La fille au manteau et jean noir."

Il y a encore quelques années, la jeune fille au manteau et jean noir aurait probablement rongé son frein en espérant recroiser par hasard son beau métis. Au pire, elle aurait publié une petite annonce dans les pages de Libération, en croisant les doigts pour qu'il lise le quotidien. Aujourd'hui, c'est bien plus facile : il suffit de se "spotter" sur Facebook et son message est publié et diffusé quelques minutes plus tard (fautes d'orthographe comprises).

50 messages par jour

Depuis un mois, la page "Spotted : dans le métro parisien" (littéralement "repéré") permet aux jeunes internautes de publier leurs petites annonces. L'initiative s'inspire du mouvement "Spotted" qui se répand à vitesse grand V dans les universités françaises et qui permet de retrouver la belle étudiante qu'on a croisé sur les bancs de la fac ou le jeune chargé de TD croisé à la bibliothèque.

Du coup de foudre au coup de gueule, les messages sont plus humoristiques que dans un journal, voire carrément ironiques ("À la personne qui a perdu son paquet de Marlboro, samedi soir vers 23h30 sur la ligne 11, tu m’as fait don de trois cigarettes et quatre joints roulés avec passion. Je pense à toi et t’embrasse tendrement"). La page a été créée il y a mois et compte déjà 22.000 fans. C'est Germain, un étudiant de 18 ans, qui en est à l'origine avec sa soeur, Louise, 24 ans."On reçoit environ 50 messages par jour, explique Germain. On essaie d'en publier une vingtaine, après avoir fait le tri." Le jeune homme, qui s'occupe de la page sur son temps libre, a déjà mis en contact six personnes qui souhaitaient se retrouver.

Bientôt une appli iPhone

Les sites de rencontre dans le métro ne sont pas nouveaux. Créé fin 2008, le site Croisé dans le métro (.com) met encore en ligne une dizaine d'annonces chaque jour. "On a été les premiers à se positionner sur le créneau des transports en commun, raconte Tristan,  un de ses créateurs. Ce qui fait que ça marche, c'est surtout que c'est anonyme et gratuit. Les gens se sentent plus libres." Seul regret : "Ils ne reviennent pas vers nous s'ils se rencontrent. On n'a pas beaucoup de retour."

Les rencontres dans le métro : un créneau résolument porteur. Germain et Louise ont déjà été contactés pour élaborer une application iPhone inspirée de leur page Facebook et n'excluent pas de se développer dans d'autres grandes villes. En attendant, au beau brun qui m'a bousculée tout à l'heure sur la ligne 4, si jamais tu te reconnais, écris à la rédaction qui transmettra.

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