Six ans après leur création, les jardins d'Eole (18e arrondissement) pourraient enfin retrouver leur sérénité. Voici plus d'un an que ce parc de 4 hectares inauguré par Bertrand Delanoë était devenu le théâtre récurrent du trafic de drogue et de la consommation de crack à ciel ouvert. Au point de susciter un "cri d'alarme" en septembre dernier des riverains de l'association Les Jardins d'Eole.

Pour repartir de zéro, la mairie du 18e arrondissement fermera purement et simplement le parc du 18 au 29 mars. A première vue, l'objectif est de redonner du lustre aux "pelouses dégradées" liées à la "très forte fréquentation" du site, selon Baptiste Bertrand, chargé de mission espaces verts à la mairie d'arrondissement. Mais la mesure "exceptionnelle" est aussi symbolique. "Il s'agit de marquer un avant et un après."

Zone de sécurité prioritaire

L'avant, ce sont les scènes de "deal" à ciel ouvert. "Le fléau, ce sont ces scooters qui circulent sur l'esplanade et qui transportent de la drogue", confie une riveraine. "Le jardin fonctionne bien, il attire toujours les habitants et on y organise des animations, tempère Daniel Keller, président de l'association Les Jardins d'Eole. Mais il faut que les autorités apportent des corrections pour que le printemps se passe mieux que l'an dernier."

La première réponse est venue il y a deux semaines. Les Jardins d'Eole ont été incorporés à la nouvelle Zone de sécurité prioritaire (ZSP) du 19e arrondissement, avec des patrouilles de police régulières. "La ZSP a mis un coup de pied dans la fourmilière", estime Daniel Keller. Qui rappelle toutefois que le marché de la drogue existe depuis "vingt ou vingt-cinq ans" dans le quartier.

Etude de sûreté

La fermeture prévue en mars a un autre but. "C'est aussi pour la Direction de prévention-protection l'occasion de réaliser une étude de sûreté qui se poursuivra d'ici à juin", indique l'adjointe à la sécurité Myriam El Khomri. Il sera question "d'éclaircir" certains massifs et recoins cachés pour permettre à la police d'y voir plus clair lors des patrouilles. La mairie de Paris planche aussi sur des équipements qui permettront d'éloigner les indésirables, dont des portiques anti-scooters à l'entrée du parc.