"Depuis des années, on brasse du vent et on ne trouve aucune solution", se désole Thierry Velu, président de l'association Groupe de Secours Catastrophe Français (GSCF) qui vient notamment en aide aux SDF. Lassé des "promesses" des gouvernements successifs, il a décidé de passer aux choses sérieuses.

Il déposera deux kits de survie ce mercredi dans deux "hauts lieux de Paris": le premier à l'Elysée (8e arrondissement), le second à la Fédération Française de Football (FFF), boulevard de Grenelle (15e arrondissement). Cette dernière n'a en effet jamais répondu à ses demandes d'aide en faveur des SDF.

Réquisitions des locaux de l'Etat

Sac de couchage, couverture polaire, gourde, trousse de soins et de toilette... le contenu de ce sac compte au total une cinquantaine d'objets. Pensé avec des SDF pour coller au plus près à leurs besoins, il sera apporté en personne par Thierry Velu devant l'Elysée. C'est suite à un courrier adressé au président de la République pour l'alerter sur la situation des SDF que celui-ci a décidé de recourir à cette opération coup de poing.

Dans sa réponse datée du 15 novembre, l'Elysée mettait en avant les 19.000 places supplémentaires prévues en hébergement d'urgence et de nouveaux moyens. Un dispositif insuffisant  pour Thierry Velu : "Avant de demander de réquisitionner les immeubles de l'Eglise ou des particuliers, l'Etat ferait mieux de s'occuper de ses locaux libres", juge-t-il, faisant référence aux récentes déclarations de la ministre du Logement Cécile Duflot.

Une agence nationale pour les SDF

L'ancien pompier qui a fondé le GSCF en 1999 veut voir plus loin. "Quand on est marginal depuis longtemps, il faut aussi être aidé pour se réintégrer, souligne-t-il. Il faudrait une agence nationale avec des professionnels pour répertorier et guider les SDF dans leur réinsertion".

Le second sac sera déposé au siège de la Fédération française de football (FFF) qui n'a jamais répondu aux lettres – envoyées à trois reprises – de l'association, la sollicitant pour organiser un appel aux dons. "Malheureusement on s'aperçoit que le monde du foot qui dispose de fonds colossaux se préoccupe peu des personnes qui souffrent", considère Thierry Velu.

Il espère par cette opération que les choses bougent, inquiet également de la quasi absence de dons en faveur de son association. En effet, la constitution d'un sac de survie coûte en moyenne 150 euros à le GSCP. "Soit ça marche demain, soit on repart pour de longues années de galère", estime-t-il.