LÉGISLATIVES - Il a séché les cours pour répondre aux interviews. D'ailleurs, si Morgan Prévot, 19 ans, est en 1ère pro électronique, c'est "parce que comme ça [il a] plus de temps pour les législatives que si [il était] en section générale". Cet aîné d'une fratrie de quatre enfants est du genre sûr de lui. S'il a choisi de se présenter, c'est surtout parce qu'il n'a "pas été invité". Inscrit sous l'étiquette "divers-gauche", il veut défendre les idées du Parti pirate : "Je n'ai pas signé leur charte. Je voulais rester libre. Mais je me présente avec leur bannière."
500 euros de financement
Le jeune garçon aura face à lui Manuel Valls, député-maire d'Evry, élu en 2007 avec plus de 60% des voix, dans cette 1ère circonscription de l'Essonne. "À Evry, on a le même problème qu'à Neuilly sauf qu'ici, c'est Valls le seigneur et pas Sarkozy". Le lycéen croit en ses chances. "Je pars dans l'optique que j'ai 0% donc que je me fais pas rembourser ma campagne. Mais si j'y vais c'est vraiment pour gagner !"
Pour lui donner leurs voix, les électeurs doivent d'abord... imprimer leur bulletin. Sans financement, Morvan a des frais de campagne très limités. Les 500 euros de son stage en entreprise, il les a investis pour payer l'impression de ses tracts. "J'ai choisi ce stage parce qu'il était financé, souligne-t-il. Manuel Valls a dépensé 3 ans de Smic en 2007. Moi j'ai juste 500 euros."
Tout le programme est participatif
Sa campagne, Morvan Prévot la fait intégralement sur le net. Le terrain ? "Mon terrain, c'est Internet." Pas de tractage sur les marchés. D'ailleurs, "au parti pirate, on a plus de candidats que de militants", sourit le jeune candidat.
Le lycéen, qui vit encore chez ses parents, dans la banlieue pavillonnaire de Courcouronnes, a transformé sa chambre, qu'il partage avec son frère de 13 ans, en QG de campagne. Sous un drapeau français récupéré pendant un meeting de François Hollande ("J'y étais pour apprendre leurs codes"), Morvan écrit son programme, en collaboration avec les internautes. Tout est participatif. "J'ouvre un document et les électeurs peuvent le compléter." A la manière de Wikipedia, il rêve d'une Assemblée Nationale qui écrive les lois main dans la main avec les citoyens. "Wikipedia est une plateforme collaborative et c'est devenu la plus grande encyclopédie du monde. Pourquoi pas faire la même chose pour la loi ?"
Chatter pendant les sessions parlementaires
Toute la famille soutient Morvan. Sa mère, qui est d'ailleurs sa suppléante, est "très fière de lui", même si elle ne "comprend pas toujours tout quand ça parle des ordinateurs". D'ailleurs, des ordinateurs, à la maison, il y en a sept. "On s'en sert pour tout ! Les devoirs, la gym, les courses", sourit-elle, avant d'ajouter : "Le jour où ils pourront faire la vaisselle, ça sera parfait !"
Sur son site, il fait seulement trois promesses aux électeurs. Ne pas oublier ses engagements, s'excuser quand il fait "une connerie" et garder le contact avec les internautes. "Quitte à chatter pendant les débats et les votes."
















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