Les circonstances restent encore floues mais l'attaque d'une épicerie casher à Sarcelles (Val-d'Oise) a été confirmée de source policière. Deux individus ont lancé une grenade "de faible puissance" dans la vitrine du magasin, faisant un blessé léger mais peu de dégâts. Quatre personnes ont été transportées à l'hôpital de Gonesse. L'une souffre de contusions au bras, les trois autres sont choquées, ont indiqué les pompiers. En milieu d'après-midi, aucun des agresseurs présumés n'avait été arrêté, a précisé la source.

"Une grenade à plâtre a fracassé la porte vitrée du magasin, ce n'était pas un engin inflammable ou explosif", a déclaré à l'AFP Marc Djeballi, responsable de la communauté juive de la ville, qui s'est rendu sur place. "Les dégâts sont mineurs", a-t-il ajouté. "Il y a effectivement eu une attaque à l'intérieur d'un supermarché casher à Sarcelles à l'heure du déjeuner" avec "deux individus habillés en noir qui ont jeté un engin", avait auparavant annoncé le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Richard Prasquier.

Aucun lien officiel avec le film islamophobe

Pour l'heure, aucun lien ne peut être établi entre cette attaque et les tensions soulevées par le film islamophobe "Innocence of muslims" ou les caricatures du prohète Mahomet publiées mercredi par Charlie Hebdo. "Il n'y a pas eu de revendication particulière, pas de cris, pas d'inscriptions, de propos tenus, a expliqué le procureur de la République de Pontoise, Yves Jannier. En tout cas, ça ne nous a pas été rapporté par les témoins de la scène", a-t-il souligné. Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, s'est rendu sur les lieux, où il a assuré la communauté juive de son soutien et appelé à l'apaisement, selon son entourage.

"Beaucoup de gens viennent se réapprovisionner en vue de la fête de Kippour, qui tombe mercredi prochain", a pour sa part expliqué Moshé Cohen-Sabban, président des communautés juives du Val-d'Oise. Selon lui, il n'y a pas de problèmes intercommunautaires particuliers en ce moment à Sarcelles, "malgré des problèmes d'incivilité". "Mais il y a un climat de fort antisémitisme à l'échelle nationale. Pour un oui ou pour un non, ça peut dégénérer", a-t-il expliqué. Sammy Ghozlan, président du Bureau national de vigilance contre les actes antisémites (BNVCAA), a dit à l'AFP que les deux agresseurs, qui avaient le visage masqué, ont jeté une "grenade" dans le magasin, une "supérette".

Parfois surnommée la "petite Jérusalem", Sarcelles, commune populaire de 60 000 habitants située au nord de Paris, accueille une importante communauté juive, venue d'Afrique du Nord dans les années 1960. "Il y a effectivement eu une attaque à l'intérieur d'un supermarché casher à Sarcelles à l'heure du déjeuner" avec "deux individus habillés en noir qui ont jeté un engin", a déclaré Richard Prasquier, le président du Crif. "Une personne a été légèrement blessée", a-t-il ajouté sans plus de détail dans l'immédiat.