La Commission du Vieux Paris (CVP) n'est pas vraiment connue du grand public. C'est même peu dire. C'est pourtant entre ses mains que passent toutes les demandes de permis de démolir ou de construire de la capitale depuis 1897. Du moins c'était le cas jusqu'à l'élection d'Anne Hidalgo. Comme le révèle Le Canard enchaîné dans son édition du 13 août, la nouvelle maire n'a toujours pas renouvelé la composition de la Commission, soit 40 personnes qualifiées et 15 conseillers de Paris.

Conséquence de cette inaction, l'activité de la CVP se retrouve au point mort, ou presque, ce qui n'est pas le cas des permis de construire. Dans les faits, les employés de la Commission continuent à étudier les dossiers et à transmettre leurs observations à la mairie, mais ces dernières ne sont pas rendues publiques. Or ce qui fait l'influence de la Commission du Vieux Paris (même si son avis n'est que consultatif), c'est bien la publication de ses délibérations. Les associations de défense du patrimoine, comme Paris Historique, ont en effet pris l'habitude de s'appuyer sur les recommandations de la CVP pour contester tel ou tel projet.

Vers des missions "redéfinies"

Cas emblématique de l'opposition entre la municipalité et la CVP : la Halle Freyssinet. L'ancien édile, Bertrand Delanoë n'avait pas tenu compte de l'avis de l'assemblée – composées de spécialistes de l'histoire et de l'architecture – qui lui conseillait de conserver intégralement l'ancien bâtiment ferroviaire et ses fines voûtes de béton. Le lieu sera finalement sauvé de justesse grâce au ministère de la Culture.

C'est bien pour s'enlever une épine du pied, et construire avec moins de contraintes, que la mairie entend limiter le rôle de la Commission, affirme Le Canard. Interrogé par l'hebdo satirique, Jean-Louis Missika, l'adjoint à l'urbanisme d'Anne Hidalgo, reconnaît que la maire souhaite "redéfinir les missions de la Commission", et sélectionner les affaires qui lui seraient soumises. L'adjoint admet aussi que la publication des recommandations pose problème : "[Les associations] se servaient de ces avis pour contester nos décisions devant les tribunaux." Ce genre de tracas n'est, pour l'instant, plus d'actualité.