"Bertrand Delanoë, Anne Hidalgo et moi n'acceptons pas la date butoir d'une fermeture des urgences de l'Hôtel-Dieu au 4 novembre 2013." Dans un tweet sans ambiguïté publié jeudi soir, le maire PS du 4e arrondissement Christophe Girard, ex-adjoint au maire à la Culture, a assuré que le maire de Paris et la candidate socialiste qui prétend à sa succession s'opposaient au calendrier défendu par l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP).

La direction de l'AP-HP prévoit, à terme, de transformer l'Hôtel-Dieu, jugé vétuste, en centre de recherche et d'enseignement, un "hôpital debout" privé de lits d'hospitalisation et abritant son administration. Bertrand Delanoë avait déjà émis la condition qu'une fermeture s'accompagne du maintien de l'offre de soins avec un renforcement des urgences. Un scénario qui ne semble pas acquis pour l'instant. Son adjoint à la Santé Jean-Marie Le Guen, qui préside le conseil de surveillance de l'AP-HP, avait jugé la fermeture "inéluctable". 

Combat à l'ombre des municipales

Lundi, alors que les équipes se mobilisent contre ce projet, le sénateur écologiste Jean-Vincent Placé (EELV) s'était rendu sur place pour apporter son soutien au maintien des urgences qui enregistrent chaque année 45.000 passages. Le Front de gauche en a fait également son combat.

Le docteur Gérald Kierzek, urgentiste à l'Hôtel-Dieu, a immédiatement réagi au tweet de Christophe Girard, saluant une "sage position pour les Parisiens" et demandant à Anne Hidalgo et au maire de Paris d'être "entendus" et de "refuser toute fermeture". Les urgences sont au centre du combat politique pour les municipales, les deux candidates Nathalie Kosciusko-Morizet (UMP) et Anne Hidalgo (PS) ayant toutes deux effectué un déplacement auprès des équipes. La candidate de l'UMP suspecte la gauche de faire reporter la fermeture des urgences après les municipales.