Décidément les attaques contre Christiane Taubira n'en finissent plus. Ce vendredi, c'est au tour d'une élue UMP, Claudine Declerck, vice-présidente du syndicat d'agglomération nouvelle de Sénart déléguée aux événements urbains, d'être épinglée pour des actes racistes. Sur sa page Facebook, l'élue UMP de Combs-la-Ville, a partagé un photomontage faisant référence à l'ancienne réclame "Y'a bon Banania" et mettant en scène Christiane Taubira. La publication émane d'un groupe Facebook baptisé "les fidèles sarkozystes de l'UMP". L'image a été diffusée le 18 septembre sur son profil mais repérée ce 15 novembre par le Parti socialiste et relayée par Le Lab.

L'UMP n'a pas tardé à réagir. En trois messages postés sur Twitter, le président de l'UMP, Jean-François Copé, a condamné cet acte et lancé une procédure d'exclusion contre Claudine Declerck. "Y’a pas bon Taubira"."Je condamne avec la plus grande force tout acte, propos ou comportement raciste", écrit-il dans un premier tweet, immédiatement suivi de deux autres. "Suite à la découverte des éléments relayés sur sa page Facebook, Claudine Declerk fait l’objet d’une procédure d’exclusion de l’UMP". Et d'enchaîner : "d’où qu’elle vienne, la haine de l’autre n’est pas acceptable". Pour bien marquer son indignation, les trois tweets sont signés "JFC", ce qui indique que c’est lui qui les a écrits en personne.

"Pour moi, c’était pas raciste, j’ai des amis noirs, jaunes"

Quelques heures avant, le président du groupe UMP à l’Assemblée nationale qui dirige également la fédération UMP de Seine-et-Marne, Christian Jacob, a également tenu à réagir. Il a ainsi déclaré qu'il allait lui adresser "un courrier l’informant d’une mesure de suspension" et "une mesure d’exclusion", qui relève des instances nationales, selon son entourage.

Mais cette indignation générale ne semble pas toucher l'auteur de ce montage raciste. "J’avais trouvé cela humoristique, il n’y a vraiment rien de grave", a déclaré à l’AFP Claudine Declerck, évoquant une "maladresse". "Du Banania, moi j’en ai chez moi et j’avais trouvé ça drôle", a-t-elle ajouté. Avant d'utiliser la célèbre excuse de "l'ami de couleur" : "Pour moi, c’était pas raciste, j’ai des amis noirs, jaunes", s’est justifiée cette retraitée de 67 ans, qui affirme qu’elle ignorait que son profil était public. Une nouvelle attaque xénophobe qui ne devrait que renforcer la contre-offensive anti-raciste qui a lieu sur internet depuis quelques jours.