Jean-Paul Belmondo a soufflé ses 80 bougies le 9 avril. L'occasion pour le journaliste de France Inter Patrick Cohen d'aller interviewer chez lui cette légende du cinéma. Bébel lui a tout d'abord confié avoir pleinement apprécié cet anniversaire. “Ce qui m'a le plus touché, c'est d'avoir tous mes enfants autour de moi. Et tous mes amis : Marielle, Rochefort...”

Si l'élocution est difficile – stigmates de l'AVC qui l'a frappé il y a 11 ans –, les souvenirs sont intacts. Il raconte ainsi les débuts de sa carrière : “Au bout de six mois je me suis fait virer de la Comédie Française car j'avais fait l'imbécile. Même si je tournais des scènes dramatiques, j'avais besoin de faire l'idiot entre les prises. J'ai besoin de liberté et la liberté c'est le rire. Les metteurs en scène ne me comprenaient pas très bien.” A la question “Y a-t-il des personnages qui vous restent dans la peau ?”, il répond : “Non aucun, j'étais à fond dans un rôle et une fois le film terminé s'était effacé. Je ne revois jamais les films que j'ai tourné à part Les Mariés de l'an II qui vient d'être restauré.”

“J'avais besoin de faire l'idiot”

Parmi les acteurs de la jeune génération, Jean-Paul Belmondo avoue admirer “Dujardin, Lelouch et Canet. A l'époque, c'était Gabin et le roi Michel Simon. Je regarde toujours beaucoup de films mais je trouve que le cinéma français est un peu en bas par rapport au cinéma américain.”

Est-il prêt à rejouer ? “Donnez-moi un script et s'il est bon, je tournerai”, assure-t-il. En attendant, il savoure son quotidien : “Je promène mon chien, je vais aux bois, je vais au cinéma, au théâtre, je m'amuse avec mes amis. C'est la vie d'un retraité actif. Qu'est-ce qu'on peut me souhaiter ? La vie, la vie, la vie.”