La chanteuse américaine de 38 ans n’a pas déclaré au fisc américain 1,8 millions de dollars gagnés entre 2005 et 2007. Condamnée le 6 mai dernier par la cour fédéral de Newark à trois mois de prison, Lauryn Hill a tenu à compléter sa défense jeudi dernier dans une lettre ouverte publiée sur son compte Tumblr. Le message est clair : son combat contre le fisc américain est lié à l’héritage de l’esclavage noir aux Etats-Unis et à la défense légitime d’un peuple opprimé.

Selon ses propos, "le concept du racisme inversé est défectueux si ce n’est absolument ridicule. La plupart des réponses négatives des gens de couleur envers les blancs, ne sont que la réaction à la haine, la violence, la cruauté et la brutalité faites par les blancs pendant des siècles. Une grande partie des fondations du monde moderne a été construite sur le travail libre forcé des personnes noires."

La justice américaine au banc des accusés

Elle poursuit : "je tremblais lors de la détermination de ma peine quand je ne cessais d'entendre l’expression de "restituer l'ensemble au fisc" ... Pendant tout ce temps, je pensais, qui a indemnisé les personnes noires ? Qui a indemnisé pour voler, imposer, mentir et criminaliser les traumatisés, les prendre contre leur volonté, détruire leurs maisons, diviser leurs communautés, en "essayant" de voler leurs destins, leur temps, stagner leur développement, et je pourrais continuer encore et encore."

Lauryn Hill s’en prend ensuite à la procureur qui l’accuse de n’avoir pas faire œuvre de travaux de charité pendant ses années d’exil et de jeune maternité. Elle la compare à un maître esclavagiste qui attendait des femmes qu’elles se remettent au travail aussitôt leur accouchement terminé. Lauryn Hill conclut enfin son plaidoyer par le dégoût profond que lui inspire cette justice. Too much ?