L’hostilité, explicite ou implicite, manifestée envers les femmes parce qu’elles sont femmes porte un nom : la gynophobie. Et la réalisatrice et romancière Lisa Azuelos, à qui l’on doit notamment Comme t’y es belle et LOL, monte au créneau pour en assurer l’émergence. "J’ai décidé de créer l’association Ensemble contre la gynophobie car je veux enclencher un mouvement mondial derrière ce mot et réveiller les gens. 1 femme sur 5 est victime de viol et violences. Attendre, c’est être complice", scande l’intéressée.

Créer pour combattre

Il y a deux ans, pour la Journée internationale de la femme, elle réalisait déjà le court métrage 14 millions de cris, avec Julie Gayet, afin d'épinger la pratique du mariage forcé – qu’elle compare à de la "pédophilie légale" - et dont sont victimes, selon l’Unicef, 250 millions de filles avant l’âge de 15 ans à travers le globe. "À une époque, on trouvait ça normal d’embarquer des Africains avec des chaînes aux pieds vers l’Amérique. Aujourd’hui, cette idée est insoutenable. Je sais que dans quelques années, quand on repensera à la condition de la femme dans le monde, on trouvera ça impensable. Alors pourquoi perdre du temps ?".

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Basée à Paris, son association, appelée à accueillir de nombreux membres dans un futur proche, rassemble pour l’instant des militants venus aussi bien des entreprises que de l’univers artistique et associatif. Et ce beau monde a du pain sur la planche ! "En mai prochain, je lancerai aux Editions Stock un livre collectif avec des auteurs, des artistes, des intellectuels que j’aime infiniment comme Samuel Benchetrit, Marie Darrieussecq, Loubna Abidar… Ces personnes parleront de leur vision de la gynophobie."

Si la donne a changé depuis le XIXe siècle, la réalisatrice estime que l’état actuel des choses est pire que dans les années 1970 où les femmes se firent entendre sur la pilule, l’avortement, la liberté… "Aujourd’hui, en France, il y a tant de vices de fond et de forme. Une femme qui ne travaille pas et qui subit des violences conjugales, comment peut-elle s’en sortir ? Une femme qui n’est pas en sécurité le soir dans la rue, le train, le métro, comment fait-elle ? Ces réalités quotidiennes pourrissent la vie. Ça concerne quand même 50 % de la population !", tempête Lisa Azuelos, en se jurant, qu’à sa mort, "plus aucune femme dans le monde ne souffrira d’être une femme."

Un concours ouvert aux internautes

Pour la réalisatrice, qui tourne actuellement un biopic de Dalida, s’interroger, réfléchir, repenser l’ordre des choses est essentiel. Raison pour laquelle sera mise en place, dès le 8 mars 2016, la plate-forme www.nogynophobie.org. N’importe quel internaute préalablement inscrit pourra y poster du contenu - vidéos, photos, textes…- qui surfe sur toutes les problématiques liées à la gynophobie. "Ce sera une grande maison artistique sur cette question. Un concours de courts métrages sera d’ailleurs organisé et le vainqueur recevra son prix lors du prochain festival de Cannes." 

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