Le procès de l'ancienne gloire du catch Hulk Hogan contre le site Gawker se transformera-t-il en procès de la liberté de la presse contre celui de la protection de la vie privée des stars ? C'est tout à fait possible. Le procès s'est ouvert ce lundi 7 mars en Floride et le sportif réclame 100 millions de dommages et intérêts au site Internet.

Celui-ci avait publié un extrait d'une minute de la sextape du sportif avec la femme de son meilleur ami d'alors, Bubba the Love Sponge. Une vidéo enregistrée à son insu selon lui et qui aurait  ruiné sa vie privée et professionnelle. Il s'estime "complètement humilié". Pour Gawker, ce procès est de lui de la liberté de la presse.

La publication d'un extrait de la sextape a causé un stress émotionnel au catcheur

Ce procès met en évidence par l'intermédiaire des avocats des deux parties, les limites parfois floues entre la vie privée et la liberté de la presse. Les avocats d'Hulk Hogan ont d'ailleurs fait part de leurs interrogations sur le respect du droit à la vie privée et du respect de l'intimité d'une chambre alors que le catcheur ignorait qu'il était filmé. Shane Vogt, un avocat du catcheur a défendu l'idée que le site Gawker avait publié cette vidéo pour promouvoir son titre et se faire connaître.

Pour lui, le site internet a délibérément exposé la nudité et les actes de Hulk Hogan durant six mois, sur son site. Une exposition qui a causé "un stress émotionnel intense" à son client. "S'ils avaient retiré la vidéo, nous n'en serions pas là aujourd'hui", a-t-il déclaré. Il explique également que ce post enfreint la loi de l'Etat de Floride sur la publication de communications privées. "Une ligne a été franchie (...) Ils vont tenter de vous dire que c'est de l'information, mais cela n'en est pas", a-t-il encore argué.

Gawker brandit le Premier amendement de la Constitution

Pour la partie adverse, celle du site Gawker, l'idée défendue est qu'un verdict qui ne lui serait pas favorable serait une atteinte insupportable à la liberté de la presse. Michael Berry, l'avocat de la publication a de son côté expliqué sur les sextapes des stars comme celles de Kim Kardashian ou encore celle de Paris Hilton a fait d'elles des "phénomènes culturels" suscitant ainsi l'intérêt du public et donc protégé par le premier amendement de la constitution des Etats-Unis. Un amendement qui garantit que le Congrès américain ne pourra être en mesure de faire une loi concernant l'établissement d'une religion, restreignant son exercice, celui de la liberté de parole ou celui de la presse.

Outre cet argument de poids, Me Berry a également rappelé que Hulk Hogan avait à plusieurs reprises évoqué sa vie sexuelle dans deux autobiographies, dans une téléréalité et dans l'émission d'Howard Stern. Le site a également rappelé que l'existence de cette sextape avait été publiquement reconnue, par l'avocat de Hulk Hogan lui-même. "Nous défendons le Premier amendement contre les actions d'Hulk Hogan qui veut créer un monde où les célébrités peuvent se promouvoir partout et le veto qui est imposé aux médias qui rendent compte de leur vie", explique Gawker dans un communiqué publié avant la tenue du procès. Ce dernier devrait durer trois semaines.