C'est chez elle, dans la ville de Nîmes que l'actrice s'est éteinte, ce jeudi 25 juillet. Victime d'un malaise en début de semaine, elle avait été prise en charge par le SAMU puis transférée au CHU de Nîmes jusqu'à ce matin, où elle est décédée. Originaire de la ville gardoise, Bernadette Lafont y revenait régulièrement. C'est également dans cette ville qu'elle a tourné l'un de ses tous premiers films en 1957, sous la direction de François Truffaut.

Actrice charismatique dotée d'un incroyable bagout et d'une voix très particulière, Bernadette Lafont était devenue l'une des icônes du cinéma français. À la fin des années 50, elle était l'égérie de la nouvelle vague tournant notamment "Le beau serge" de Claude Chabrol, puis "La fiancée du pirate" de Nelly Kaplan, "Une belle fille comme moi" de François Truffaut ou encore "La maman et la putain" de Jean Eustache.

Une carrière riche d'une centaine de films

Alternant films pointus et comédies plus ou moins anticonformistes, elle devient une actrice incontournable du cinéma français, de "La Gueule de l'autre" de Pierre Tchernia avec Michel Serrault et Jean Poiret en 1979 à "L'Effrontée", de Claude Miller, avec Charlotte Gainsbourg en 1985, rôle pour lequel elle a obtenu le César du Meilleur Second Rôle féminin. Couronnée également d'un César d'honneur en 2003 pour l'ensemble de sa carrière, qui compte plus d'une centaine de films, elle a rejoint plus récemment Alain Chabat et Charlotte Gainsbourg pour "Prête-moi ta main" en 2006 ou "La première étoile" en 2009 de Lucien Jean-Baptiste.


En 2009, elle est faite Officier de la Légion d'honneur, à l'occasion de la promotion du 14 juillet. Parallèlement au cinéma, Bernadette Lafont montait régulièrement sur les planches comme avec "La Tour de la Défense" du dramaturge argentin Copi en 1981 ou en 2002, ou en 2006 pour "Si c'était à refaire" de Laurent Ruquier et faisait de régulières apparitions dans des téléfilms comme "Le juge est une femme" ou encore "Les Enquêtes d'Eloïse Rome". En 2013, elle avait été à l'affiche de "Paulette", un film au joli succès en salles et réalisé par Jerome Enrico. Elle incarnait une grand-mère veuve, aigrie et raciste qui se réconcilie peu à peu avec la vie en devenant dealeuse de haschich. Sorti en janvier, il avait accueilli près d'un million de spectateurs.