François Cluzet n'est pas un acteur qui mâche ses mots. A l'affiche de Médecin de campagne, que l'on découvrira en salle le 23 mars prochain, le comédien a accordé une longue interview au Point dans laquelle il prouve que malgré le succès, il a su conserver sa liberté de parole. Il n'hésite pas non plus, au passage, à épingler quelques une de ses collègues comédiens.

Interrogé sur l'engagement politique de certains acteurs, François Cluzet explique qu'il ne tient pas à jouer "l'artiste de gauche, comme Arditi" : "Ce n'est pas ma place. Ce que j'aime, c'est l'excellence. Je tente de jouer du mieux que je peux. (...) Quand j'entends Berléand ou Lindon nous dire qu'il faut voter Bayrou, je me dis : 'Mais qu'est-ce que vous y connaissez ? Vous êtes fils de bourgeois, de quoi je me mêle ?'", s'emporte Cluzet qui vient d'être relaxé en diffamation contre Michel Neyret.

"Tous ces artistes qui vous expliquent ce qu'il faut faire, ça m'emmerde"

"A 8 ans, moi, je travaillais. Je serais exactement en droit de vous dire ce qu'est la misère parce que je l'ai vécue. C'est pour ça que je suis de gauche. Mais je ne donne pas de consignes de vote. D'ailleurs, il n'est pas certain que je vote à gauche en 2017 si c'est encore ces gens-là qui la représentent. J'ai mes convictions, mais tous ces artistes qui vous expliquent ce qu'il faut faire, ça m'emmerde", poursuit-il.

Que pense-t-il de Gérard Depardieu, grande gueule du cinéma français et exilé fiscal ? "Il est devenu un anarchiste de droite, faisant ce qu'il veut. J'admire Depardieu, mais je ne partage pas sa quête : ça ne me gêne pas de payer mes impôts, je peux même en payer plus. Ça fait hurler ma femme. Comme elle est marocaine, elle me suggère parfois : 'Et si on ouvrait une boîte à l'étranger ?' Mais je m'en fous. Je ne me suis jamais constitué autour de l'argent."

François Cluzet n'ira pas voir Les Tuche

Comédien exigent et engagé, François Cluzet n'est pas vraiment fan des comédies potaches. Il regrette qu'aujourd'hui les chaînes de télé rechignent à financer des films plus exigeants et ne partage pas la position de Vincent Bolloré, le président des conseils de surveillance de Vivendi et du groupe Canal+, qui a déclaré qu'il voulait arrêter de financer des films qui ne dépassent pas les 20 000 entrées.

"Que veut-il alors ? Une énième suite de Camping ? Les Tuche épisode 15 ? Le cinéma, c'est comme la littérature, tu y retrouves du Marc Levy comme du Musil. (...) Je n'irai pas voir Les Tuche. Mais ça ne me gêne pas qu'ils fassent un carton, tant que ça permet de faire d'autres films. Aujourd'hui, les producteurs ont dix ans de retard et son encore obsédés par ces comédies potaches dans lesquelles des Français se foutent de la gueule des autres."

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